Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni mardi pour discuter du Yémen, partageant une inquiétude sur une évolution négative de la situation et la nécessité que les parties se réengagent dans un processus politique, selon des diplomates.
La réunion s'est tenue à huis clos à la demande du Royaume Uni. Une déclaration du Conseil est attendue dans la journée ou mercredi. Elle devrait exprimer "l'inquiétude" du Conseil et intégrer un appel aux belligérants "à se réengager dans un processus politique" du règlement du conflit, a indiqué un diplomate sous couvert d'anonymat.
Selon le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, l'émissaire des Nations unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a souligné lors d'une liaison vidéo avec le Conseil "l'importance d'arrêter l'escalade militaire actuelle avant qu'il ne soit trop tard". "Les récents développements compromettent les progrès réalisés en matière de désescalade et de mesures de confiance", a ajouté l'émissaire, cité par le porte-parole lors de son point-presse quotidien. Stéphane Dujarric s'est par ailleurs félicité de la remise en liberté mardi par les houthis de 64 enfants capturés lors d'opérations militaires.
Dans un communiqué à Washington, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait indiqué plus tôt que les nouvelles violences au Yémen préoccupaient les Etats-Unis. "La relance de combats est inacceptable et menace des progrès difficilement acquis", a-t-il souligné. "Nous appelons toutes les parties à mettre les intérêts du peuple yéménite en premier et revenir immédiatement à la retenue. Les houthis doivent cesser les attaques contre le territoire saoudien", a ajouté Mike Pompeo.
Les affrontements entre les rebelles houthis et les forces du gouvernement yéménite ont repris depuis une dizaine de jours au Yémen après des mois de relative accalmie. Samedi, les houthis se sont emparés d'un axe routier stratégique à l'est de Sanaa, poursuivant leur offensive au nord et à l'est de la capitale yéménite, selon des responsables militaires loyalistes.
La guerre oppose depuis plus de cinq ans les houthis, soutenus par l'Iran, et les forces du gouvernement, appuyées depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.
Selon plusieurs ONG, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils. Le pays connaît la pire crise humanitaire au monde d'après l'ONU.


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