Le nouveau Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, le 6 septembre dernier. Sergei Karpukhin/File Photo/Reuters
Haut fonctionnaire inconnu du grand public, Mikhaïl Michoustine, nommé mercredi Premier ministre par Vladimir Poutine, dirige depuis dix ans le service des impôts à la tête duquel il s’est bâti une réputation d’efficacité.Ce Moscovite de 53 ans, ingénieur de formation, remplace Dmitri Medvedev qui venait d’annoncer la démission de son gouvernement dans la foulée des annonces de Vladimir Poutine sur des réformes constitutionnelles majeures. Signe du relatif anonymat dans lequel Mikhaïl Michoustine était resté cantonné : sa page Wikipedia, avant sa nomination, n’existait jusqu’à présent qu’en russe.
À la tête du fisc russe, cet homme chauve au visage épais a cependant quelques réussites à faire valoir, selon les médias publics. « Il a créé le meilleur système de collecte des impôts du monde », lançait la chaîne de télévision publique Rossiya-24 dans les minutes suivant l’annonce de sa nomination. Que cette affirmation soit exagérée ou pas, il reste que M. Michoustine a organisé la refonte et la numérisation du fisc, une énorme bureaucratie longtemps inefficace, pour en faire une agence redoutée. Diplômé à la fin des années 1980 d’une université technologique de la capitale russe, il a fait son entrée dans l’administration russe en 1998 comme vice-président du service des impôts, parallèlement à un poste de vice-ministre chargé du même dossier. Suivra une carrière de haut fonctionnaire dans plusieurs agences gouvernementales : à partir de 2004 au service fédéral des cadastres, puis trois ans plus tard à celui chargé de la gestion des zones économiques spéciales créées pour attirer les investissements étrangers.
Après un passage à la tête d’un fonds d’investissement, UFG Asset Management, il retrouvera en 2010 le service des impôts russe avec pour mission de le moderniser en profondeur. Une mission réussie, assurait-il en novembre 2019 dans une interview au quotidien Kommersant, revendiquant un « écart de TVA » (différence entre les recettes attendues de TVA et celles effectivement perçues) inférieur à 0,6 %, quand il tourne autour de 10 % en Europe. « Ils nous prennent en exemple, des gens viennent nous étudier », ajoutait-il.
Pour ce faire, Mikhaïl Michoustine s’est fait le chantre de la numérisation de l’économie russe. Fin 2018, le service des impôts avait ainsi annoncé, « pour améliorer l’efficacité », la création d’une base de données centralisée regroupant toutes les données existantes sur les citoyens russes et accessible à toutes les administrations.

