Photo AFP / JOSEPH EID
Carlos Ghosn est arrivé jeudi matin au palais de Justice de Beyrouth où il doit être entendu par le parquet dans le cadre du mandat d'arrêt émis par Interpol à la demande du Japon, dont la justice réclame son retour pour le juger.
M. Ghosn a été convoqué pour un "interrogatoire qui se tiendra jeudi (...) afin d'écouter son témoignage au sujet de la notice rouge" communiquée à Interpol par le Japon, où l'homme d'affaires a été inculpé pour des malversations financières présumées, selon l'agence de presse officielle libanaise.
Selon notre journaliste sur place Zeina Antonios, personne n'a vu Carlos Ghosn entrer dans le palais de Justice, laissant croire qu'il a emprunté une porte située à l'arrière du palais.
Hier, l'ancien PDG de Renault-Nissan s'est exprimé à Beyrouth pour la première fois de manière publique depuis sa fuite rocambolesque du Japon le 29 décembre dernier où il fait l'objet de plusieurs inculpations de la part de la justice nippone. Il a dénoncé mercredi un "coup monté" contre lui et s'est dit décidé à "laver son honneur".
Devant le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, Carlos Ghosn sera appelé à témoigner dans le cadre de deux affaires distinctes. Il sera tout d'abord entendu dans le cadre de l'enquête sur la "notice rouge" envoyée à la justice libanaise par le bureau d'Interpol au Japon. Les notices rouges sont des avis de recherche internationaux lancés sur demande de pays membres d'Interpol. Il n'existe toutefois pas d'accord d'extradition entre le Liban et le Japon. A ce sujet, le ministre libanais sortant de la Justice, Albert Serhane, avait déclaré lundi que M. Ghosn est un "citoyen libanais et il sera donc traité comme tel par la justice".
L'ancien patron automobile sera ensuite interrogé dans le cadre de la plainte déposée contre lui la semaine dernière par trois avocats libanais qui l'accusent d'être entré en Israël, ce qui est interdit par la loi libanaise. Ces avocats ont basé leurs poursuites sur des photos remontant à 2008 d'une réunion entre l'ex-patron automobile et les anciens président et Premier ministre israéliens Shimon Peres et Ehud Olmert.
M. Ghosn avait été arrêté fin novembre 2018 au Japon et avait passé 130 jours sous les verrous, soupçonné de diverses malversations financières. Depuis fin avril 2019, il était en liberté sous caution avec interdiction formelle de quitter le pays dans l'attente de son procès qui devait s'ouvrir cette année. Mais, fin décembre, dans un scénario hollywoodien autour duquel demeurent plusieurs zones d'ombre et sur lequel M. Ghosn n'a pas voulu s'exprimer mercredi, il a réussi à fuir le Japon pour rejoindre le Liban, un pays dont il a la nationalité.

