Va-t-il égaler ou même doubler Michael Schumacher dans l’histoire ? Le pilote de F1 Lewis Hamilton (drapeau britannique en main) a en tout cas profité de 2019 pour devenir le 2e pilote le plus sacré de l’histoire, avec une 6e couronne. En outre, il se veut le chantre de la protection de l’environnement et des espèces animales, et milite pour une F1 « propre ». Suzanne Cordeiro/AFP
Lewis Hamilton se revendique écolo, la F1 vise zéro émission carbone en 2030, la formule électrique (FE) fait le plein de constructeurs, le MotoGP inaugure sa catégorie électrique : les sports mécaniques accélèrent leur mise au vert.
« La seule manière pour le sport auto de survivre est de prendre en compte ce qui se passe dans le monde. On ne peut pas continuer à polluer comme si de rien n’était et, si nous voulons attirer l’attention des jeunes générations, nous devons être écoresponsables », estime Felipe Calderon (ancien président du Mexique), qui préside la commission environnement et développement durable de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), créée il y a deux ans.
Signe des temps, la FE, catégorie de monoplaces 100 % électriques, qui est aussi relativement peu onéreuse, avance cette saison la présence record de 10 constructeurs, parmi lesquels Mercedes, Porsche, Audi, Nissan ou encore BMW. Et Volkswagen, dont la réputation a été ternie par le scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé en novembre renoncer à la compétition avec des véhicules thermiques. Ce mouvement s’est trouvé un ambassadeur : le sextuple champion du monde de F1 Lewis Hamilton, chantre de la protection de l’environnement et des espèces animales et végétalien depuis 2017. Auteur d’une sortie remarquée sur Instagram contre l’agriculture intensive et l’élevage fin octobre, le Britannique, critiqué en retour pour son activité professionnelle et ses voyages multiples, maintient que « faire partie du problème n’est pas le plus important, faire partie de la solution l’est ».
« On a un rôle de vitrine et c’est pour ça qu’on doit montrer la voie », abonde Jorge Viegas, le patron portugais de la Fédération internationale de motocyclisme (FIM), qui a lancé en 2013 un programme de sensibilisation au développement durable. Une Coupe du monde de motos électriques (MotoE) fait désormais partie des catégories support du MotoGP, avec un constructeur unique : Energica. « (…) On a commencé à montrer la voie, mais on est très dépendants des constructeurs, explique Viegas. Ils sont tous en train de développer des motos électriques, mais on a un problème que n’ont pas les voitures : celui du poids des batteries. Dès qu’ils auront des produits qu’ils voudront vendre, on sera tous alignés. »
Biocarburants
En parallèle de l’électrification (moteurs hybrides en F1 depuis 2014, en championnat du monde d’endurance auto depuis 2012 ou encore en championnat du monde des rallyes à partir de 2022, moteurs 100 % électriques en FE depuis 2014 ou encore en MotoE depuis cette année), l’utilisation de biocarburants, notamment l’hydrogène, est l’autre voie explorée en piste. Outre le bénéfice en termes d’image, « dans les années 1960, le développement et l’innovation ont aussi eu lieu sur les circuits », rappelle l’ancien pilote autrichien de F1 Gerhard Berger. « C’est la contribution que nous pouvons et voulons faire », ajoute le patron du DTM, le prestigieux championnat allemand de voitures de tourisme, qui envisage un virage vers l’électrique.
« Quelle que soit la motorisation, électrique ou hybride, l’enjeu est de moins émettre, mais le fait est que l’objectif des sports mécaniques étant d’aller vite et de mettre en avant des voitures surpuissantes, ça va forcément avoir une incidence sur la consommation des véhicules. On banalise l’inefficacité énergétique », balaye Stephen Kerckhove, délégué général de l’association Agir pour l’environnement.
Ce ne sont par ailleurs pas les courses elles-mêmes qui génèrent la plus grande partie de la pollution liée aux sports mécaniques, mais l’organisation des événements. Sur 256 551 tonnes de CO2 émises par la F1 en 2019, seuls 0,7 % sont liés aux moteurs, le reste aux autres activités organisées sur les circuits (7,3 %), au transport du matériel (45 %), aux déplacements des personnels (27,7 %) et au fonctionnement des bureaux et usines (19,3 %), selon des chiffres publiés en novembre. C’est pourquoi la catégorie reine du sport auto a annoncé son intention de réduire drastiquement ses émissions de CO2 en adoptant « une logistique et des moyens de transport très efficients, ainsi que des bureaux, des installations et des usines fonctionnant à 100 % à l’énergie renouvelable ».
Source : AFP


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