La chanteuse américaine Beyoncé est sans aucun doute la star de la décennie. Mario Anzuoni/Reuters
De la révolution du streaming à la destruction des barrières entre les genres musicaux, en passant par l’émergence de nouvelles stars, voici plusieurs éléments-clés des années 2010 à 2019.
Génération streaming
Début 2010, Spotify avait moins d’un million d’abonnés, Netflix un peu plus de 12 millions, et le streaming était davantage une curiosité qu’un phénomène. Dix ans plus tard, la plate-forme musicale a 248 millions d’utilisateurs et Netflix plus de 158 millions. Télévision, musique et même cinéma ont été transformés par l’émergence de ce nouveau mode de consommation qui permet d’accéder à tout ce que l’on veut, à tout moment. Plates-formes audio et vidéo, tel YouTube, font et défont des carrières musicales, reléguant disques et téléchargements au rang de niches. La généralisation du câble, puis l’émergence de la fibre et le déploiement progressif du réseau 4G ont levé les obstacles technologiques au streaming de masse. Les nouvelles capacités offertes par les opérateurs ont aussi bouleversé l’industrie des jeux vidéo, avec la généralisation du jeu en ligne à plusieurs. Et le mouvement s’accélère, avec les débuts en 2019 de la 5G. Le streaming a accompagné la migration des utilisateurs depuis télévisions et ordinateurs vers les smartphones, désormais supports principaux de consommation des contenus audio, vidéo, films, informations, musique ou jeux.
Vive le binge-watching
À une époque, regarder une émission TV relevait presque du rendez-vous chez le médecin. Grâce à Netflix, Amazon et les autres, on consomme maintenant jusqu’à l’épuisement les séries, où l’on veut et quand on veut. De cette compétition entre les grandes chaînes du câble et les géants d’internet a débouché une myriade de shows plus sophistiqués les uns que les autres, souvent mieux produits et plus onéreux que nombre de films. Game of Thrones, saga médiévale-fantastique lancée en 2011, est le premier nom qui vient à l’esprit. La série est même devenue un phénomène de société. Le futur politique lugubre de The Handmaid’s Tale a également trouvé son public, inspirant des déguisements à des manifestants aux quatre coins du monde. Côté comédie, Modern Family ou The Marvelous Mrs Maisel ont charmé les spectateurs.
Le règne Disney
Durant son âge d’or, Hollywood était dominé par le Big Five, les cinq grands studios. En regardant les chiffes du box-office de nos jours, on peut parler de Big One : Disney. Près d’un dollar sur trois généré par l’industrie du cinéma cette année est allé dans les poches de Mickey. Ce tour de force n’est pas le résultat du hasard. Le PDG de Disney, Bob Iger, a passé la décennie à racheter à coups de milliards de dollars de grands studios, pour donner vie aux fantasmes les plus fous de tous les geeks. Après le rachat en 2009 de Marvel et de son appétissant catalogue de superhéros, il a ajouté Lucasfilm en 2012 et Fox en 2019. En plus de tout cela, Disney a décidé de donner une nouvelle vie à son catalogue, à grands coups de remakes, pour le plaisir des plus petits et des plus nostalgiques.
Plus de diversité
Un des plus gros tubes de rap de cette fin de décennie est un morceau de musique country enregistré par un jeune homosexuel noir d’Atlanta, Old Town Road. Un bon résumé de ces dernières années, où le show business et les institutions culturelles se sont ouvertes à ce qui n’est pas forcément blanc, masculin et hétérosexuel. Autre héros inattendu du monde de la musique : la K-pop, cette pop coréenne clinquante et ultrarythmée, qui s’est imposée dans les charts. Le tube Gangnam Style, qui a fait le tour de la planète en 2012, en est l’un des représentants les plus célèbres. Le reggaeton et les mélanges des genres sud-américains, entre rap et pop latine, ont pris d’assaut les pistes de danse du monde entier sous l’impulsion du megahit Despacito (2017). À la télévision, la série Transparent a changé à jamais la représentation des personnes transgenres, alors que le superhéros africain Black Panther (Marvel) est devenu un véritable phénomène de société. Et en 2016, le mouvement #OscarsSoWhite a demandé plus de diversité à l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui a annoncé des mesures pour élargir l’origine de ses membres votants.
Les nouvelles reines
Dans le monde sans pitié de la musique, il ne suffit plus d’avoir une voix, de bons arrangements et de belles paroles. Pour arriver tout en haut, il vous faudra également une marque de vêtements, une ligne de cosmétiques ou une présence accrue sur les réseaux sociaux. À cet égard, Beyoncé est sans aucun doute la star de la décennie, avec notamment à son actif des concerts à Coachella et deux grossesses très médiatisées. Accessoirement, elle dirige sa marque Ivy Park et a réalisé un documentaire. Elle n’est pas la seule : en plus de ses succès commerciaux, Rihanna a amassé une petite fortune grâce à ses marques de maquillage et de lingerie. Quant à Taylor Swift, elle a ramassé la bagatelle de 10 Grammys depuis 2010 et a lancé une kyrielle de parfums. Chacune d’entre elles pèse plus de 300 millions de dollars.
Source : AFP

