Le Conseil de sécurité de l'ONU. Photo d'illustration AFP
Un vote initialement attendu jeudi au Conseil de sécurité sur une prolongation de l'aide humanitaire transfrontalière apportée par l'ONU au peuple syrien a été reporté à vendredi après la proposition d'un compromis qui pourrait éviter un veto russe, selon des sources diplomatiques.
"C'est reporté à vendredi", a indiqué à l'AFP l'une de ces sources sous couvert de l'anonymat. Le nouveau compromis proposé à la Russie prévoit un renouvellement de la résolution autorisant l'aide transfrontalière pour "six mois + six mois" avec une clause de révision à l'été, selon la même source.
L'autorisation onusienne sur l'aide transfrontalière expire le 10 janvier.
Le compromis garde l'idée de maintenir trois points de passage pour acheminer l'aide en Syrie, deux à la frontière turque et un à la frontière irakienne, selon des diplomates.
Ces derniers jours, la Russie avait menacé de mettre son veto au projet de texte rédigé par l'Allemagne, la Belgique et le Koweït s'il ne retenait pas une durée de six mois et non d'un an comme le voulaient ces pays.
Moscou voulait aussi fermer deux points de passage (à la frontière jordanienne et à la frontière irakienne) sur les quatre actuels, ne laissant que ceux existant sur la frontière entre la Turquie et la Syrie.
Dans un premier geste à l'égard de Moscou, l'Allemagne, la Belgique et le Koweït avaient accepté mercredi soir de réduire le nombre de points de passage de quatre demandés en début de semaine à trois.
Selon une source diplomatique, un appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, actuellement en Europe, à la diplomatie russe, a permis de pousser la Russie à réétudier sa position alors que Moscou n'avait fait montre d'aucune ouverture depuis le début de la semaine.
Principal soutien du régime syrien, la Russie estime que ce dernier a depuis un an repris suffisamment de contrôle dans le pays pour que l'autorisation onusienne soit revue drastiquement à la baisse.
L'aide humanitaire transfrontalière (nourriture, aide médicale...) bénéficie à quelque quatre millions de Syriens.
Selon le département des Affaires humanitaires de l'ONU, elle reste vitale alors que les conditions de vie se sont dégradées sur le terrain depuis un an et que la Syrie va entrer dans une période hivernale.

