Liban

Violences de samedi dans le centre-ville de Beyrouth : l'ONU se dit "très perturbée"

Photo AFP / ANWAR AMRO

Le coordonnateur spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Liban, Jan Kubis, s'est dit dimanche "très perturbé" par les violences qui ont eu lieu la veille entre manifestants et forces de l'ordre, alors que le pays du Cèdre entame son troisième mois d'une révolte populaire inédite contre le pouvoir politique, ainsi que par les affrontements entre jeunes anti-révolte vraisemblablement et forces de l'ordre dans l'après-midi de samedi.

"Très perturbé par les attaques de la nuit dernière et la violence des loyalistes issus de diverses forces politiques, ainsi que l'usage de la force qui a suivi", a écrit M. Kubis sur Twitter.

Des dizaines de personnes ont été blessées dans des heurts survenus samedi soir à Beyrouth, alors que les forces de sécurité a violemment réprimé une manifestation limitée, utilisant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants antipouvoir.

La Croix-Rouge libanaise a transporté 15 blessés vers des hôpitaux et soigné 37 personnes sur place, selon un nouveau bilan communiqué à l'AFP par un responsable de l'organisation Rodney Eid. L'organisation avait rapporté samedi soir des cas d'évanouissement, des blessés souffrant de difficultés respiratoires et d'autres touchés par des jets de pierres. Les blessés étaient des civils mais aussi des membres des forces de sécurité.

De son côté, la défense civile libanaise a annoncé samedi soir sur Twitter avoir "transporté 36 blessés vers des hôpitaux", tandis que 54 personnes ont été soignées sur place. Les FSI ont déploré de leur côté 23 blessés hospitalisés, dont trois officiers, et "de nombreux autre agents" traités sur place.

Réagissant aux violences de samedi, la ministre sortante de l'Intérieur, Raya el-Hassane, a chargé les Forces de sécurité intérieure (FSI) d'enquêter sur ces incidents. 

"Politiques, dirigez vous urgemment vers la désignation d'un nouveau Premier ministre qui puisse bénéficier du soutien du peuple et former un gouvernement crédible, compétent et inclusif, soutenu par le Parlement. Seul un tel gouvernement peut sortir le pays de la crise et faire appel au peuple pour obtenir son soutien, lorsqu'il introduira des mesures d'urgence et de réformes", a encore plaidé Jan Kubis.

La révolte populaire sans précédent a réussi à obtenir la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre. Depuis, le président de la République, Michel Aoun, n'a toujours pas désigné un nouveau Premier ministre, en raison des différends entre les formations politiques autour de la nature du prochain cabinet. Le chef du gouvernement sortant Saad Hariri est actuellement donné favori et pourrait être à nouveau nommé demain à l'issue des consultations parlementaires contraignantes qu'organise la présidence de la République au palais de Baabda.


Le coordonnateur spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Liban, Jan Kubis, s'est dit dimanche "très perturbé" par les violences qui ont eu lieu la veille entre manifestants et forces de l'ordre, alors que le pays du Cèdre entame son troisième mois d'une révolte populaire inédite contre le pouvoir politique, ainsi que par les affrontements entre jeunes anti-révolte...