Liban

Séance du Parlement : échauffourées entre policiers et manifestants

Dans le centre-ville de Beyrouth. Les manifestants mobilisés contre une séance parlementaire.Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Des échauffourées ont éclaté mardi peu avant 9h dans le centre de Beyrouth entre des policiers qui ont fait usage de leurs matraques et des manifestants venus bloquer les accès au Parlement. Les députés s'apprêtent à voter, entre autres, une loi d'amnistie controversée, au moment où le pays entame son deuxième mois d'une contestation populaire inédite.

Dans la rue menant à la place Riad el-Solh, au niveau de l'église Saint-Georges, plusieurs agents des forces anti-émeutes ont chargé les manifestants, frappant plusieurs d'entre eux avec des matraques. Les manifestants de leur côté criaient "chabiha, chabiha", alors que d'autres scandaient "mafieux, mafieux !".

"Demandez des comptes aux députés, plutôt que d'attaquer les manifestants", lançaient aussi les manifestants aux forces de l'ordre.

Les rangs des contestataires continuaient de grossir, au moment où des manifestantes tentaient de raisonner les policiers et s'employaient à faire écran devant les manifestants pour éviter les violences. Des jets de bouteilles d'eau contre les policiers ont également eu lieu.

Des protestataires appelaient la Croix-Rouge à intervenir. Des renforts militaires ont été appelés sur place.

Des appels à bloquer les accès au Parlement avaient été lancés dès lundi afin d'empêcher les députés de s'y retrouver à 11h, pour examiner la loi sur l’amnistie générale et une série de lois censées lutter contre la corruption. Les protestataires ainsi que des juristes dénoncent le "flou" de ces textes et les "pièges" dont ils sont truffés.

A l'origine, un vote de cette loi était prévu mardi dernier, mais sous la pression de la rue, le président du Parlement avait décidé de reporter à aujourd'hui la séance qui doit se dérouler à huis clos.

Pour le mouvement de contestation, les lois que la Chambre est appelée à adopter aujourd’hui ne reflètent ni ses aspirations ni les priorités de l’heure qui doivent être l’assainissement de l’appareil judiciaire.

Plusieurs groupes parlementaires ont annoncé qu'ils boycottaient la séance de ce matin.

Le Liban connaît depuis le 17 octobre un soulèvement populaire sans précédent, des centaines de milliers de libanais manifestant contre une classe dirigeante accusée d'incompétence et de corruption. Le pays souffre d'un déficit public chronique (11% du PIB en 2018) et croule sous une dette de 86 milliards de dollars (148% du PIB). La contestation est entrée dans son deuxième mois et aucune sortie de crise n'est en vue.


Des échauffourées ont éclaté mardi peu avant 9h dans le centre de Beyrouth entre des policiers qui ont fait usage de leurs matraques et des manifestants venus bloquer les accès au Parlement. Les députés s'apprêtent à voter, entre autres, une loi d'amnistie controversée, au moment où le pays entame son deuxième mois d'une contestation populaire inédite.

Dans la rue menant à...