La ministre sortante de l'Energie, Nada Boustani. Capture d'écran LBCI
La ministre sortante de l'Energie, Nada Boustani, a réaffirmé vendredi son opposition à toute augmentation du prix de l'essence, deux jours après avoir refusé d’ajuster les prix du carburant pour tenir compte des coûts supplémentaires auxquels les acteurs du secteur affirment devoir faire face suite à la hausse du cours du dollar dans les bureaux de change.
"Le ministère de l'Energie est chargé de la tarification de l'essence", a rappelé Mme Boustani lors d'une intervention télévisée à la chaîne locale LBCI. "Nous sommes prêts à aider les sociétés importatrices de carburant et les propriétaires de stations-service, mais nous n'accepterons pas que les citoyens subissent une hausse du prix de l'essence", a-t-elle ajouté, laissant entendre que le pays pourrait importer de l'essence "si la situation venait à perdurer".
Jeudi, les propriétaires de stations-service, de camions-citernes et autres distributeurs intermédiaires avaient annoncé qu’ils allaient continuer de vendre le carburant déjà stocké au prix imposé par l’État, mais qu’ils allaient suspendre les nouvelles commandes jusqu’à ce qu’une réponse positive à leurs revendications soit apportée par les responsables concernés. Les représentants du secteur n’ont pas précisé la quantité des stocks disponibles. Selon une source proche du dossier, les sociétés importatrices de carburant ne seraient en effet pas alignées sur cette position et devraient continuer à alimenter les stations-service dépendant directement d’elles.
Les distributeurs de carburant dénoncent depuis mercredi les modifications apportées à la circulaire n° 530 par le BDL pour assurer, sous certaines conditions, aux importateurs de carburant (essence, mazout et gaz), de farine et de médicaments, l’accès à des liquidités en dollars au taux officiel pour les nouvelles commandes. La livre est fixée au dollar depuis 1997, mais son prix fluctue sur le marché secondaire depuis que la BDL a décidé de limiter sa circulation à la fin de l’été pour des raisons liées à la précarité de la stabilité financière du pays.


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