Le ministre libanais sortant de l'Education, Akram Chehayeb. Photo d'archives Ani
Le ministre libanais sortant de l'Education, Akram Chehayeb, conspué entre autres par les milliers de Libanais qui manifestent de manière inédite contre la classe politique depuis le 17 octobre, a appelé jeudi les lycéens à reprendre les cours et manifester l'après-midi, au moment où des milliers d'entre eux investissent massivement les rues du pays depuis hier.
"Après le mouvement contestataire des élèves, je leur dis : restez à l'écart du confessionnalisme et de tout ce qui vous divise. J'ai entendu votre voix, mais rentrez en classe, et manifestez l'après midi, car cela est de votre droit", a dit le ministre sortant, lors d'une conférence de presse.
Au lendemain d'une mobilisation estudiantine et féminine massive à travers le Liban, notamment dans la capitale Beyrouth, des milliers d'élèves, d'étudiants, de jeunes et de moins jeunes restaient mobilisés jeudi pour le 22e jour consécutif d'une contestation populaire inédite contre la classe politique accusée de corruption et d'incompétence et qui avait poussé le gouvernement de Saad Hariri à démissionner le 29 octobre.
Le leader druze Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste auquel appartient Akram Chehayeb, a pour sa part estimé dans un tweet qu'il était "inopportun de s'opposer à la volonté des étudiants" de manifester.
Le ministre sortant de l'Education s'est par ailleurs défendu de toute mauvaise gestion de fonds publics au sein de son administration. "Les dépenses des montants alloués par les pays donateurs au ministère de l'Education et qui sont réservés aux élèves déplacés (syriens) sont soumises à un mécanisme précis établi par l'Unicef et contrôlées par une société internationale indépendante afin de s'assurer que ces montants ne sont pas dépensés de manière arbitraire", a expliqué le ministre sortant. "Nous avons envoyé un memorandum à l'Inspection centrale afin qu'elle se saisisse du dossier des neuf millions de dollars et pour que la vérité soit établie", a ajouté M. Chehayeb, alors que des questions se posent sur l'affectation de ce montant au sein du ministère. "Les propos sur une dilapidation des fonds sont déplacés. Je serai à la disposition de la justice en cas de besoin. Le ministère et moi-même sommes sous le seuil de la loi. Les portes du ministère sont ouvertes à toute enquête", a-t-il conclu.


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