Photo REUTERS/Wissm al-Okili
Environ 90.000 barils de pétrole destinés à l'exportation sont bloqués dans le nord de l'Irak à cause des routes coupées par un large mouvement de désobéissance civile dans le sud côtier du pays, a indiqué jeudi un responsable à l'AFP.
Depuis la reprise le 24 octobre de manifestations réclamant "la chute du régime" en Irak, deuxième producteur de l'Opep, la production pétrolière se poursuit. Mais les exportations --3,4 millions de barils par jour-- ont été ralenties par les problèmes de transports à l'intérieur du pays et la fermeture des accès aux compagnies pétrolières et aux infrastructures portuaires.
Le champ de Qayyara, dans le nord-ouest du pays où aucune manifestation n'a eu lieu, n'a pas pu envoyer sa production quotidienne de 30.000 bpj vers Bassora, dans le sud, pendant trois jours, indique le responsable sous le couvert de l'anonymat. Il a précisé ne pas savoir quand l'acheminement serait rétabli, affirmant que "cela dépend de la stabilisation de la situation et de la réouverture des routes".
La plupart des champs du pays envoient toutefois leur production destinée à l'exportation par oléoduc et non par la route, contrairement à Qayyara.
L'Irak, cinquième exportateur mondial d'or noir où les habitants étranglés par le chômage et la pauvreté réclament leur "part du pétrole", tire près de 90% de ses recettes du pétrole. Tout impact sur ses exportations pourrait être "catastrophique", selon les experts. Dans le sud, la désobéissance civile empêche désormais l'accès des employés à la compagnie pétrolière publique de Nassiriya et à une raffinerie de Diwaniya.
Le port d'Oum Qasr, vital pour les importations principalement de nourriture et de médicaments, n'a été rouvert que jeudi, a constaté un correspondant de l'AFP. Des camions sortaient de ses accès nord et sud après une dispersion meurtrière des manifestants qui bloquaient la route y menant.
Plusieurs navires étaient repartis sans avoir pu décharger leur cargaison, mais aucune exportation pétrolière ne passe par ce port.

