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Liban - Terrain

Du Nord au Sud, les manifestants optent pour des actions ciblées

Des centaines de protestataires se « réapproprient » l’espace Zaitunay Bay, décrété bien public.

Couronnant une journée d’opérations ciblées, une alternative à la coupure des routes, contre lesquelles, depuis hier, l’armée a décidé de réagir, un rassemblement de plusieurs centaines de manifestants, scandant des slogans et protestant contre la location abusive d’un front de mer propriété publique, a envahi la grande allée de l’espace Zaitunay Bay dans l’intention de se le réapproprier et d’en arracher tous les drapeaux, à l’exception du drapeau libanais... La foule a été autorisée à pénétrer à l’intérieur d’un espace réservé aux noctambules, après qu’une vingtaine de jeunes eurent été, dans un premier temps, interdits d’accès par les forces de l’ordre. Quelques têtes brûlées ont appelé à la lutte contre les riches...

Dans un message qui circulait hier, des groupes ont appelé à d’autres actions ponctuelles, aujourd’hui, ciblant les institutions suivantes : les sièges des opérateurs de téléphonie mobile Touch (Ring) et Alfa (Mirna Chalouhi), le siège de la TVA (place du Palais de justice), le siège d’EDL (Nahr) et la Banque du Liban (Hamra).

Arrestations

Auparavant dans la journée, de nombreux axes routiers avaient été rouverts par l’armée. Au cours de ces opérations musclées, plusieurs manifestants ont été arrêtés par la troupe, notamment dans les localités de Zouk Mosbeh (Kesrouan) et Jal el-Dib (Metn).

Pour remplacer la fermeture des routes, des actions ciblées ont été décidées.

Dans le centre-ville de Beyrouth, les protestataires se sont mobilisés devant le siège principal de Touch à l’entrée de Beyrouth et devant le nouveau bâtiment polémique devant abriter les bureaux de cette société. Les dizaines de personnes réunies à ces deux endroits réclamaient notamment une réduction des tarifs de téléphonie mobile, qui sont parmi les plus élevés de la région.

Dans plusieurs régions, des manifestants se sont réunis, selon l’Agence nationale d’information (ANI-officielle) devant plusieurs banques, appelant à leur fermeture et tentant d’empêcher les clients d’y entrer. Un groupe de protestataires s’est par ailleurs rassemblé en fin d’après-midi devant l’une des entrées du Parlement, près de la mosquée al-Omari, dans le centre-ville, appelant notamment à l’application des lois contre la corruption.

Dans le Chouf, des jeunes ont bloqué dans la localité de Chehim l’entrée du siège d’Ogero, société chargée de la gestion des télécommunications fixes, ainsi que le siège local d’Électricité du Liban (EDL) à Mazboud. À Aley, des protestataires brandissant des drapeaux libanais ont obligé les employés des banques libanaises ouvertes à fermer leurs portes. À Nabatiyé, les manifestants se sont rassemblés devant le siège de la BDL.

À Saïda, les contestataires se sont rassemblés devant les entrées des sièges d’EDL, d’Ogero et des opérateurs Alfa et Touch, de l’Office des eaux et de la Chambre du commerce et de l’industrie. Les manifestants se sont également mobilisés devant les différentes banques du centre de la ville, les obligeant à fermer leurs portes. Des étudiants ont en outre organisé une procession dans les rues entourant la place Élia, épicentre de la révolte dans cette ville, rebaptisée place de la Révolution du 17 octobre, s’arrêtant brièvement devant le siège de la BDL où ils ont chanté des slogans hostiles à Riad Salamé.

« Si tu es avec la révolution, klaxonne »

Par ailleurs, des manifestants se sont assis par terre sur la place Élia et ont mis tout autour d’eux un grand drapeau, pour refuser d’évacuer la place, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. L’armée les a encerclés, alors que des manifestants se sont attroupés dans le secteur, portant des banderoles affirmant « Si tu es avec la révolution, klaxonne ». Les automobilistes passant près de la place ont commencé à actionner leur klaxon en solidarité. Les militaires avaient démantelé le podium à partir duquel les organisateurs du sit-in sur la place haranguaient la foule, ainsi que les tentes où campaient les protestataires sur le trottoir. Le chef de l’Organisation populaire nassérienne, Oussama Saad, a critiqué cette décision et affirmé que « le soulèvement populaire va s’intensifier jusqu’à réaliser ses objectifs ».Au Liban-Nord, des manifestants ont déversé des déchets à l’entrée des bureaux de la fédération des municipalités de la localité de Zghorta, et orchestré un concert de casseroles.

Couronnant une journée d’opérations ciblées, une alternative à la coupure des routes, contre lesquelles, depuis hier, l’armée a décidé de réagir, un rassemblement de plusieurs centaines de manifestants, scandant des slogans et protestant contre la location abusive d’un front de mer propriété publique, a envahi la grande allée de l’espace Zaitunay Bay dans l’intention de se le réapproprier et d’en arracher tous les drapeaux, à l’exception du drapeau libanais... La foule a été autorisée à pénétrer à l’intérieur d’un espace réservé aux noctambules, après qu’une vingtaine de jeunes eurent été, dans un premier temps, interdits d’accès par les forces de l’ordre. Quelques têtes brûlées ont appelé à la lutte contre les riches...Dans un message qui circulait hier, des groupes ont appelé à...
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