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En Amérique du Nord, le « glamping » à la française

Le complexe Huttopia à Sutton, au Québec. Sur 65 hectares de forêt dans les Appalaches, 80 tentes fabriquées en France et équipées à la française sont dispersées entre les arbres, à l’ombre de la canopée. Les plus luxueuses, à 140 dollars canadiens (95 euros) la nuit, disposent même d’une salle de bains. Sébastien Saint-Jean/AFP

De la malle en osier posée sous la toile de tente, Céline Bossanne extirpe deux verres à vin : « C’est la French touch ! » plaisante la cofondatrice du groupe Huttopia, qui exporte en Amérique du Nord le concept du glamping (contraction de glamour et camping) à la française. Vaisselle, minifrigo, éclairages électriques, matelas et literie douillette... Il y a « tout ce qui est nécessaire pour camper confortablement, mais toujours dans la simplicité », résume la quadragénaire.

Sur 65 hectares de forêt boréale, sur le versant d’une montagne des Appalaches (au sud du Canada), 80 tentes fabriquées en France et équipées à la française sont dispersées entre les arbres, à l’ombre de la canopée. Les plus luxueuses, à 140 dollars canadiens (95 euros) la nuit, disposent même d’une salle de bains. À 1h30 de route de Montréal, le concept fait mouche. L’établissement de plein air affiche régulièrement complet, surfant sur la mode du glamping qui permet de « retrouver le vrai esprit du camping, qui est de dormir en pleine nature, mais on amène une petite touche supplémentaire : c’est le confort », dit Céline Bossanne.

Huttopia n’a pas inventé ce concept du nid douillet en pleine nature. Hérité des lodges asiatiques et africains, le glamping fait florès dans nombre de pays. Mais l’entreprise française l’a popularisé dans l’est du Canada, d’abord en important en tant que prestataire plus de 500 tentes prêtes à camper dans les parcs naturels du Québec, puis en se lançant directement sur le marché en Amérique du Nord. Le Trappeur, la Canadienne, la Bonaventure... chaque tente est fabriquée à Dunkerque (nord de la France) selon des plans conçus par Huttopia, qui fait aussi venir de France le matériel qui les équipe. La « French Touch » est jouée à fond, depuis l’accent d’une bonne partie des employés jusqu’au menu du restaurant (surtout des crêpes) et aux animations. Cette signature bleu-blanc-rouge, les clients nord-américains en raffolent, assure Céline Bossanne.

En fondant Huttopia en 1999, elle et son époux Philippe voulaient faire la guerre aux mobile-homes devenues alors la coqueluche des campings français. Vingt ans plus tard, leur société exploite en France 51 campings de tentes tout équipées dans la nature, et a ouvert en 2015 un premier terrain à l’étranger, à Sutton, au sud du Québec. « Quand on a fait notre étude de marché, cette notion de “resort”, d’un aménagement vaste avec beaucoup d’espace, de la nature et des services, ça n’existait pas » au Canada et aux États-Unis. « On s’est dit que ça ne pouvait que marcher dans ces pays d’“outdoor” (plein air) », raconte Céline Bossanne. Et sous l’impulsion notable des millenials – personnes nées entre 1980 et 2000 –, le marché du glamping connaît une forte croissance aux États-Unis et au Canada.

Face aux campings rustiques des parcs naturels et à ceux dédiés aux grosses caravanes et aux énormes camping-cars, Huttopia s’est positionnée en Amérique du Nord sur une niche : la nature accessible aux familles sans casse-tête logistique. Après Sutton au Québec, le groupe français a attaqué le marché des États-Unis en ouvrant des campings dans le New Hampshire et dans le Maine, ainsi que dans l’État de New York, sur la côte nord-est américaine. Investissant toujours avec ses fonds propres, l’entreprise familiale a également acquis un vaste terrain boisé à Los Angeles (Californie) et lorgne l’Oregon. Se mondialisant, elle a aussi ouvert un site aux Pays-Bas cette année, et des développements sont en cours en Chine.

Autour d’un feu de bois, la famille Howard ne cache pas son plaisir : « Avant d’avoir les enfants, on montait notre tente dans la forêt, mais maintenant, c’est plus simple (…) », raconte Ben aux côtés de Stéphanie et de leurs deux bambins. Et au-delà du public urbain, Huttopia a d’autres clients plus inattendus : les Cris, peuple autochtone du nord du Québec, l’ont mandatée pour lui concevoir une cinquantaine de tentes inspirées de leurs tipis traditionnels afin de se lancer dans l’écotourisme. De retour de ces territoires sauvages au bord de la baie de Hudson, à 1 300 km au nord de Montréal, Céline Bossanne jubile : « Jamais je n’aurais pensé construire des tentes pour les indiens ! »

Source : AFP

De la malle en osier posée sous la toile de tente, Céline Bossanne extirpe deux verres à vin : « C’est la French touch ! » plaisante la cofondatrice du groupe Huttopia, qui exporte en Amérique du Nord le concept du glamping (contraction de glamour et camping) à la française. Vaisselle, minifrigo, éclairages électriques, matelas et literie douillette... Il y a « tout ce qui est nécessaire pour camper confortablement, mais toujours dans la simplicité », résume la quadragénaire.Sur 65 hectares de forêt boréale, sur le versant d’une montagne des Appalaches (au sud du Canada), 80 tentes fabriquées en France et équipées à la française sont dispersées entre les arbres, à l’ombre de la canopée. Les plus luxueuses, à 140 dollars canadiens (95 euros) la nuit, disposent même d’une salle...
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