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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Avec la mort de Baghdadi, l’EI est touché, mais pas coulé

Démonstration de force des jihadistes de l’État islamique à Raqqa, le 30 juin 2015. Photo archives Reuters

La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, chef du groupe État islamique (EI), est un coup dur porté à l’organisation jihadiste mais cette dernière a déjà prouvé sa résilience et anticipé la disparition de son leader, estiment des experts. Ses autres cadres dirigeants en Syrie et en Irak, rompus à la clandestinité, seront certainement capables de surmonter cette perte et de continuer à monter ou inspirer des attentats au Moyen-Orient et dans le monde entier, ajoutent-ils.

Pour Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po-Paris, la mort de Baghdadi « représente un coup terrible pour une organisation dont il avait été proclamé “calife” en 2014 ». « Il n’est pas cependant certain », confie-t-il, « qu’une telle perte symbolique affecte fondamentalement la direction opérationnelle de Daech, depuis longtemps aux mains de professionnels aguerris ». « En ce sens, cette disparition pourrait avoir à terme un moindre impact que n’en avait eu pour el-Qaëda l’élimination d’Oussama ben Laden », dit-il.

La structure de commandement de l’EI, largement secrète, est en partie constituée d’anciens cadres de l’armée ou des services secrets irakiens du temps de Saddam Hussein, qu’Abou Bakr al-Baghdadi avaient rencontrés en 2003 alors qu’il était emprisonné dans la gigantesque prison américaine de Camp Bucca. Dans ce qui fut plus tard surnommé « l’université du jihad », celui qui n’était alors que le chef d’un groupuscule jihadiste sans grande envergure noue des contacts qui lui permettront, des années plus tard, de s’imposer comme chef de la guérilla sunnite, d’abord sous l’égide d’el-Qaëda, puis en prenant ses distances avec le réseau fondé par Oussama ben Laden pour fonder l’EI.

À Bagdad, le chercheur Hicham al-Hachémi, l’un des meilleurs spécialistes des mouvements jihadistes dans la région, estime que « le plus probable est que la mort d’al-Baghdadi a créé un moment de silence et une pause dans les attaques terroristes, comme cela avait été le cas après l’assassinat d’Abou Omar al-Bagdadi », ancien chef d’el-Qaëda en Irak, dont est issu l’EI, tué en 2010. À l’époque, précise-t-il, « el-Qaëda avait eu besoin de quatre mois pour réactiver ses opérations ».


(Lire aussi : "Comme un film" : Trump raconte la mort de Baghdadi)



Le but ultime : mourir en martyr

Avec la mort de Baghdadi, né dans une famille pauvre de Samarra, au nord de Bagdad, et issu des rangs d’el-Qaëda en Irak, « je pense que le califat échappe désormais aux Irakiens ». Son titre pourrait ainsi revenir « à un Tunisien ou quelqu’un de la péninsule Arabique », ajoute-t-il.

Dans une série de tweets publiés hier, Rita Katz, directrice de SITE Intelligence Group, un groupe américain spécialisé dans la surveillance des mouvements jihadistes, estime elle aussi que, « si elle est confirmée, la mort d’al-Baghdadi serait un coup terrible porté à l’EI et à son réseau ». « Toutefois, l’histoire nous a appris (à travers la mort d’al-Zarqawi et d’autres chefs) que le mouvement est résilient sur le plan opérationnel et va capitaliser sur la mort d’al-Baghadi pour recruter et appeler à de nouvelles attaques », prévient-elle. « Il sera intéressant de voir comment l’EI, qui ne réagit pas pour l’instant, va réagir à sa mort, et quand », poursuit Rita Katz. « Le mouvement n’a jamais nommé de successeur potentiel, et n’a jamais identifié formellement ses cadres dirigeants, pour des raisons de sécurité, à l’exception de son porte-parole Abou Hassan Muhajir, dont la véritable identité est inconnue. » Elle précise que « les sites liés à l’EI disaient hier que, même si la nouvelle est vraie, le jihad se poursuivra, estimant qu’al-Baghdadi a atteint le but ultime du jihad : la mort en martyr. Les internautes pro-EI relient sa mort à celle de chefs jihadistes comme Oussama ben Laden ou Zarqawi ».

De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, le chef de l’EI serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis militaire avant d’étudier la théologie. Tout au long d’une vie marquée par la clandestinité, il n’a fait qu’une seule apparition publique, entrée dans l’histoire, lors du discours dans lequel il s’était autoproclamé calife, en juillet 2014, appelant tous les musulmans à lui prêter allégeance.


Pour mémoire

Vidéo du « chef » de l’EI : pourquoi cette apparition après cinq ans ?

Film d'al-Baghdadi : un risque calculé


La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, chef du groupe État islamique (EI), est un coup dur porté à l’organisation jihadiste mais cette dernière a déjà prouvé sa résilience et anticipé la disparition de son leader, estiment des experts. Ses autres cadres dirigeants en Syrie et en Irak, rompus à la clandestinité, seront certainement capables de surmonter cette perte et de continuer à...

commentaires (2)

Tout est dans le show off avec ces américains. En plus ça réjouit des neuneus d'assister au show d'un clown qui n'a fait qu'éliminer un de ses agents. En vue d'une réélection dans un an, ce que les résistants souhaitent de tout cœur. Le clown débarrasse le plancher en vendant ses ex " alliés " kurdes et donne l'avantage au héros bashar sans même que ce héros ait eu à tirer un seul coup de feu. QUI D'AUTRE QUE CE CLOWN AURAIT PU FAIRE MIEUX? HAHAHAHA..

FRIK-A-FRAK

10 h 41, le 28 octobre 2019

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Commentaires (2)

  • Tout est dans le show off avec ces américains. En plus ça réjouit des neuneus d'assister au show d'un clown qui n'a fait qu'éliminer un de ses agents. En vue d'une réélection dans un an, ce que les résistants souhaitent de tout cœur. Le clown débarrasse le plancher en vendant ses ex " alliés " kurdes et donne l'avantage au héros bashar sans même que ce héros ait eu à tirer un seul coup de feu. QUI D'AUTRE QUE CE CLOWN AURAIT PU FAIRE MIEUX? HAHAHAHA..

    FRIK-A-FRAK

    10 h 41, le 28 octobre 2019

  • Hahaha bon debarras! Au moins sa les americains ils savent faire. Maintenant, pour leurs politique etrangere j’en suis beaucoup moins sure, mais les fanfaronnades militaires c’est pas vraiment leurs trucs. C’est “l’axe de la resistance” qui sera content. Le job a été fait pour eux, encore une fois.

    Thawra-LB

    03 h 09, le 28 octobre 2019

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