Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés jeudi à Kfar Remmane, près de Nabatiyé, afin de marcher en procession vers le centre de cette localité du Liban-Sud, où le mouvement de contestation avait dû faire face mercredi à des attaques de la part des fonctionnaires de la municipalité qui ont fait 25 blessés. La procession, en solidarité avec les habitants de Nabatiyé, est encadrée par un fort déploiement des forces armées.
Les manifestants rejoints par la procession étaient encore plus nombreux que la veille, sur la place se trouvant devant le Sérail. Un militant ayant requis l'anonymat estime que cette importante mobilisation est due à "la protection de l'armée". Brandissant des drapeaux libanais, les manifestants scandaient "A bas le règne des voyous, le peuple est une ligne rouge" et "128 (députés) tous des voleurs".
La veille, des dizaines de fonctionnaires de la municipalité, partisans du Hezbollah et dont plusieurs étaient armés, ainsi que des fidèles au président du Parlement Nabih Berry, au total une centaine de personnes, s'étaient infiltrés parmi les manifestants et les avaient roués de coups. Certains individus munis de bâtons avaient également empêché les journalistes de filmer l'incident. L’armée, présente sur les lieux, s'était finalement interposée entre les deux parties. Dans un communiqué publié en soirée, la municipalité de Nabatiyé avait affirmé qu’elle avait pris la décision de rouvrir la voie bloquée par les manifestants qui paralysent l’activité économique du souk de la ville, appelant l'armée à rouvrir les routes, sans quoi ils seraient "contraints" de le faire eux-mêmes. Depuis le début du soulèvement à l’échelle du pays le 17 octobre, les manifestants dans les zones contrôlées par les formations chiites Amal et Hezbollah sont intimidés par les deux partis.


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