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Crise de trésorerie: l'ONU au régime sec

AFP
11/10/2019

Escalators arrêtés, bar des diplomates fermé à 17h, chauffage baissé... La crise de trésorerie à l'ONU, l'une des pires depuis dix ans, a entraîné une série de mesures détaillées vendredi par l'Organisation.

"On n'a vraiment pas le choix", a commenté lors d'une conférence de presse Catherine Pollard, une haute responsable chargée de la gestion de l'ONU. L'enjeu prioritaire? Pouvoir payer les prochains salaires des quelque 37.000 employés du secrétariat de l'Organisation.

Énumérées dans une lettre du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres aux chefs de service obtenue par l'AFP, les décisions incluent des restrictions de voyages, des suppressions de réceptions, des limites aux embauches, moins de documents, de compte-rendus, de traductions, et la fermeture de fontaines d'eau.

En début de semaine, l'ONU avait agité le chiffon rouge sur son problème de trésorerie: Il manque 1,387 milliard de dollars en 2019 à l'ONU pour boucler son budget de fonctionnement dû à des retards de paiement d'une soixantaine d'Etats membres. Sept pays débiteurs représentent à eux seuls 90% de ce trou: les Etats-Unis (1,055 milliard de dollars), le Brésil, l'Argentine, le Mexique, l'Iran, Israël et le Venezuela.

"Les pauvres trinquent"

Les crédits pour les opérations de paix - une enveloppe séparée - souffrent aussi régulièrement de mauvais payeurs. Pour 2019, la France doit à titre d'exemple à l'ONU encore 103 millions de dollars.

Dans ce domaine des missions de paix, les Etats-Unis doivent pour leur part 2,3 milliards de dollars, selon un document de l'ONU. Conséquence? L'ONU diffère ses remboursements aux pays contributeurs de troupes avec des sommes parfois colossales dues à certains pays comme le Bangladesh.

"Les riches ne paient pas, les pauvres trinquent", résume un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat.

Les problèmes de trésorerie à l'ONU sont récurrents chaque année, mais interviennent de plus en plus tôt, sur une durée plus longue et de manière de plus en plus importante, selon l'Organisation.

Pour ce qui concerne les Etats-Unis, une éclaircie est attendue. A la différence du budget onusien aligné sur l'année calendaire, l'année fiscale américaine va du 1er octobre au 30 septembre et le Congrès américain devrait débloquer des fonds avant la fin de l'année, espère l'ONU.

Les règles budgétaires à l'ONU ne prévoient pas de pénalité ou d'intérêt pour les mauvais payeurs. Les pays débiteurs risquent au pire une suspension de vote mais ils s'arrangent toujours pour effectuer un petit versement leur permettant d'échapper à cette sanction ultime.

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