À l’Atlético, comme au Real, la maçonnerie est encore apparente. Tout le mérite de l’entraîneur Diego Simeone est d’avoir une nouvelle fois remis son ouvrage sur le métier, comme il l’a souvent fait depuis son arrivée au club… Jaime Reina/AFP
Attention, édifices encore fragiles! L’Atlético de Diego Simeone et le Real de Zinédine Zidane testent leur solidité ce soir dans le derby madrilène en championnat d’Espagne, avec la 1re place de la LaLiga en jeu... et un risque d’écroulement pour deux équipes en reconstruction. Dans un stade Metropolitano qui sent encore le neuf et la peinture fraîche, cette confrontation centenaire a subi un profond ravalement de façade ces derniers mois : exit Antoine Griezmann ou Cristiano Ronaldo, bonjour João Félix et Eden Hazard.
Après une première confrontation retentissante en amical fin juillet (victoire 7-3 des Colchoneros), le début de saison a été mouvementé pour les deux clubs, qui ont essuyé une période de doute après la défaite (3-0) du Real face au PSG en Ligue des champions (C1) et une série de trois matches sans victoire pour l’Atlético. Mais les deux rivaux ont ensuite redressé leur trajectoire pour s’installer en tête de la LaLiga. Le Real Madrid est 1er (14 pts) devant la Real Sociedad (2e, 13 pts) et l’Atlético Madrid (3e, 13 pts), tandis que le FC Barcelone, opposé ce soir à Getafe, est seulement 6e (10 pts). Du coup, le choc de ce soir pourrait solidifier les ambitions de l’un des deux clubs madrilènes avant de retrouver la C1 la semaine prochaine.
« Nous sommes leaders, mais cela ne signifie rien », a prévenu Zidane, rappelant que reconstruire la Maison blanche était un processus de longue haleine. « Tout cela prend du temps. Nous n’étions pas si mauvais la semaine dernière (après Paris), et nous ne sommes pas si bons aujourd’hui », a-t-il philosophé. Revenu en mars pour rebâtir l’effectif merengue, l’architecte Zidane a réussi à colmater ses premières fissures en enchaînant deux victoires probantes pour effacer la déroute parisienne : à Séville (1-0) et contre Osasuna (2-0).
Zidane a mis toutes les chances de son côté avant le derby en revenant à sa chère politique de rotation d’effectif, qui avait porté ses fruits lors de son premier mandat (2016-2018) : les habituels remplaçants ont eu leur chance contre Osasuna, avec deux buts pour Vinicius et Rodrygo. De quoi aborder avec des cadres reposés le choc face à l’Atlético, qui offre une chance de briller au meilleur buteur de la LaLiga, Karim Benzema (5 buts), à l’ancien banni Gareth Bale et à la nouvelle recrue Eden Hazard.
À l’Atlético aussi, la maçonnerie est encore apparente. Pas facile de laisser partir des cadres aussi importants que Griezmann, Diego Godin ou Lucas Hernandez. Tout le mérite de Simeone est d’avoir une nouvelle fois remis son ouvrage sur le métier, comme il l’a fait si souvent depuis son arrivée en 2011.
Lui aussi a réclamé un peu d’indulgence à ses supporteurs. « Je connais les gens de l’Atlético, ils sont exigeants, a-t-il reconnu. Mais quand il y a eu des changements de joueurs aussi importants, il faut retrouver une équipe le plus vite possible. Ce n’est pas simple, cela prend du temps. »
Ce soir, Simeone et l’Atlético attendent beaucoup de leur principal renfort João Félix (19 ans), recruté contre 126 millions d’euros et qui a déjà montré de belles choses avec deux buts et une passe décisive en six journées.
Et puisque l’ancien attaquant merengue Alvaro Morata sera suspendu, c’est l’avant-centre Diego Costa, buteur mercredi à Majorque (2-0), qui jouera les bulldozers afin de libérer des espaces pour le jeune prodige. Un démolisseur pour mieux rebâtir ?
Source : AFP

