Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, quelques minutes avant la tentative d'attentat de Maxime Brunerie. PHILIPPE DESMAZES / AFP
Le 14 juillet 2002, un militant d'extrême-droite tentait de tuer par balle le président Jacques Chirac lors du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Elysées à Paris.
Ce dimanche-là, Maxime Brunerie, 25 ans, assiste au défilé avec une carabine 22 LR dissimulée dans un étui à guitare. Au milieu des spectateurs massés derrière des barrières métalliques, il réussit à épauler son arme alors que Jacques Chirac entame sa descente des Champs-Elysées.
A environ 150 mètres de lui, M. Brunerie, qui dispose d'un chargeur plein de cinq cartouches, vise en direction du président. Son tir est détourné par un touriste alsacien, Jacques Weber. D'autres spectateurs, puis des policiers, le désarment et le maîtrisent. Le président ne s'est rendu compte de rien.
La classe politique fait part de sa stupéfaction. Le 2 août, Maxime Brunerie est mis en examen pour "tentative d'assassinat" et écroué à la prison parisienne de la Santé, dans le service médico-psychologique.
Le jeune homme a longtemps milité à Unité radicale (UR), un mouvement d'extrême droite qui sera interdit le 6 août et renaîtra ensuite sous l'appellation "Jeunesses identitaires".
Le 13 juillet 2002, la veille des faits, Maxime Brunerie avait écrit sur un site internet néo-nazi cette phrase: "Regardez la télé dimanche, je serai la star". Devant le juge, il dit regretter son geste. "Je voulais me suicider en faisant parler de moi", dit-il, écartant toute motivation politique.
En novembre 2002, une expertise psychiatrique indique qu'il est pénalement responsable, mais en mars 2003, une seconde expertise affirme le contraire. En septembre, un collège d'experts psychiatres estime finalement que Maxime Brunerie était pénalement responsable au moment des faits.
Il est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. "Je voulais faire quelque chose d'historique", expliquera-t-il au procès. Il a été libéré en août 2009.
Ce jour-là, "j'ai complètement pété les plombs, tout simplement", expliquera-t-il à la radio un mois et demi après la fin de sa détention.

