Showman au sourire ravageur, Noah Lyles est déjà le 4e performeur de tous les temps sur 200 m (19 sec 50/100es). À seulement 22 ans, il pourrait devenir pour longtemps le successeur du légendaire Usain Bolt. Fabrice Coffrini/AFP
Qui sera la grande vedette des Mondiaux d’athlétisme ? De la nouvelle sensation américaine Noah Lyles au controversé Christian Coleman, en passant par Karsten Warholm ou le trio de sprinteuses Dina Asher-Smith, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Elaine Thompson, ils sont plusieurs à pouvoir enflammer la piste du Khalifa Stadium à Doha, la capitale du Qatar, à partir de demain pour les premiers championnats du monde de l’après-Usain Bolt.
Noah Lyles
Showman au sourire ravageur, le coureur de Gainseville, en Floride aux États-Unis, est annoncé comme la future grande étoile de l’athlétisme, en mal de vedettes reconnues par le grand public depuis la retraite du légendaire sprinteur jamaïcain Usain Bolt en 2017, et ces championnats du monde pourraient marquer le début d’un long règne. À seulement 22 ans, Noah Lyles est déjà le 4e performeur de tous les temps sur 200 m (19 sec 50/100es), qui sera sa seule épreuve individuelle au Qatar. Sans rival sur le demi-tour de piste, le titre de champion du monde lui semble promis. Avant sans doute de s’attaquer, aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, au Graal pour tout sprinteur : le 100 m.
Christian Coleman
Médaillé d’argent aux Mondiaux en 2017, champion du monde indoor sur 60 m (2018) et détenteur du record du monde de la distance (6 sec 34/100es), meilleur performeur mondial depuis 2017 sur la ligne droite : tout semblait réussir à Christian Coleman, étiqueté grandissime favori du 100 m des championnats du monde au Qatar. Mais la révélation fin août de trois manquements à ses obligations de localisation antidopage a fait l’effet d’une douche froide. Le coureur, âgé de 23 ans, a finalement été blanchi par l’agence américaine antidopage, auteure d’une erreur, mais sa réputation a fatalement été entachée et il débarque au Qatar lesté d’un boulet dont il se serait bien passé. Sans Noah Lyles, qui se concentre sur le 200 m, et donc sans adversaire à sa mesure, il reste le principal prétendant à la couronne suprême (100 m). Mais s’il venait à céder face à la pression, son compatriote et vétéran Justin Gatlin (37 ans) pourrait lui ravir le beau rôle et se succéder à lui-même au palmarès. Gatlin, sacré sous les sifflets en 2017, a déjà été suspendu à deux reprises pour dopage durant sa longue carrière. Pas sûr que l’athlétisme y gagne au change.
Karsten Warholm
Le facétieux Norvégien, médaille d’or en 2017 dans une relative indifférence, a pris une nouvelle dimension cette année en battant à trois reprises le record d’Europe du 400 m haies, porté à 46 sec 92/100es – deuxième chrono de l’histoire. Il a réussi le tour de force d’éclipser les deux autres prodiges d’une discipline enfin en pleine effervescence après des années de vaches maigres, les athlètes qatari Abderrahman Samba et américain Rai Benjamin, qui semblent également capables de menacer le vieux record du monde de Kevin Young (46 sec 78/100es en 1992). La probable présence de ces trois cracks en finale pourrait offrir une course d’anthologie.
Asher-Smith, Thompson,
Fraser-Pryce
Triple championne d’Europe en 2018 (100 m, 200 m, 4 x 100 m), la sprinteuse britannique Dina Asher-Smith espère bien confirmer son nouveau statut sur le plan mondial à 23 ans. La partie ne s’annonce pourtant pas facile face aux deux athlètes jamaïcaines Elaine Thompson, double championne olympique en 2016 (100 m, 200 m), et Shelly-Ann Fraser-Pryce, elle aussi double médaillée d’or aux JO (100 m en 2008 et 2012), revenue à son meilleur niveau après une absence pour cause de maternité.
Yulimar Rojas
L’athlète vénézuélienne a frappé très fort le 6 septembre en établissant la 2e meilleure performance de l’histoire sur le triple saut (15,41 m). Si la couronne mondiale devrait logiquement lui revenir, celle qui a échoué à seulement 9 centimètres du record du monde semble capable d’effacer la marque de l’athlète ukrainienne Inessa Kravets (15,50 m), qui tient depuis le 10 août 1995.
Keyvan NARAGHI / AFP

