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L'UE demande "des idées" à Johnson à 45 jours du Brexit

AFP
16/09/2019

Six semaines avant le divorce, les dirigeants de l'Union européenne ont demandé "des idées" au Premier ministre britannique Boris Johnson s'il veut finaliser un accord au sommet européen des 17-18 octobre, se disant peu optimistes sur les chances d'une séparation concertée.

Le Premier ministre britannique rencontre lundi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour un déjeuner de travail au Luxembourg, premier entretien entre les deux responsables depuis l'arrivée de Johnson au pouvoir.

Le négociateur de l'UE sur le Brexit, le Français Michel Barnier, participera à la rencontre. Boris Johnson verra ensuite le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et les deux dirigeants tiendront une conférence de presse conjointe.

"Si nous pouvons faire suffisamment de progrès dans les prochains jours, j'ai l'intention de me rendre au sommet crucial du 17 octobre et de finaliser un accord qui protégera les intérêts des entreprises et des citoyens des deux côtés de la Manche, et des deux côtés de la frontière en Irlande", a annoncé M. Johnson dans une tribune publiée par le Daily Telegraph.

Les forfanteries de M. Johnson laissent les Européens de marbre. Lorsqu'il annonce "d'énormes progrès" sur la manière de traiter le problème de la frontière nord-irlandaise et se compare à Hulk, un super-héros, pour libérer son pays des entraves européennes, les Européens répondent "attendre" des propositions concrètes et se disent "peu optimistes" sur les chances d'un divorce arrangé le 31 octobre.

"Nous espérons que M. Johnson viendra au prochains sommet européen et peut être apportera-t-il quelques idées", a lâché lundi le chef de la diplomatie belge Didier Reynders à son arrivée pour une réunion à Bruxelles avec ses homologues, sans représentant du Royaume-Uni. "Si Boris Johnson ne vient pas avec quelque chose de nouveau pour sa rencontre avec Juncker, alors, honnêtement, il n'y a plus besoin pour nous de discuter et il y aura un Brexit dur", a averti son homologue autrichien Alexander Schallenberg.

Or, il n'y a "rien de bien tangible jusqu'à présent", a confié à l'AFP un diplomate européen de haut rang, commentant les dernières réunions entre le conseiller de Boris Johnson, David Frost, et l'équipe de Michel Barnier à Bruxelles. "Nous n'avons pas de raisons d'être optimistes" sur les chances de parvenir à un accord avant le sommet, a pour sa part averti Michel Barnier lors d'une réunion mercredi dernier avec les chefs des groupes politiques du Parlement européen.

Résolution très sévère

La perspective d'un divorce sans accord est redoutée par les patrons européens. "Ce serait un désastre", a affirmé Markus J. Beyrer, directeur général de Business Europe.

Jean-Claude Juncker "n'est pas optimiste" après avoir pris connaissance des solutions proposées par Londres pour l'Irlande et "il attend toujours des propositions concrètes", a fait savoir son entourage.

Le Parlement européen, qui devra approuver l'accord trouvé avec Londres, a haussé le ton. Il votera mercredi une résolution très sévère dans laquelle il exige une clause de sauvegarde (le "backstop") pour empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, ce que Boris Johnson refuse.

"Si le divorce se fait sans accord, le gouvernement britannique en assumera l'entière responsabilité et devra honorer tous ses engagements financiers, respecter les droits des citoyens européens et ses obligations au regard de l'accord du Vendredi Saint avec l'Irlande", a averti le président du Parlement européen, David Sassoli.

"Le Parlement européen ne donnera pas son aval à de nouvelles négociations entre l'UE et le Royaume-Uni si ces obligations ne sont pas respectées", a-t-il menacé.

La solution serait de limiter la clause de sauvegarde à l'Irlande du Nord, a rappelé le président du Parlement. Cette région resterait territoire douanier de l'UE et deviendrait la frontière avec le reste du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse et pays de Galles), une solution pour l'instant rejetée par les Britanniques car elle ouvre la porte à une réunification de l'Irlande.

Barnier et "Hulk" Johnson

Les Européens savent ce qu'ils veulent et, unis, campent sur leurs positions. Ils attendent les prochains mouvements de Boris Johnson.

Le Premier ministre britannique sait ce qu'il risque en cas de divorce sans accord. Un dossier gouvernemental fait état de troubles et de pénuries de médicaments et nourriture.

"Plus Hulk se met en colère, plus Hulk devient fort et il s'échappe toujours", se vante Boris Johnson. "Le Brexit est une école de patience et de détermination", lui répond, pince-sans-rire, Michel Barnier.

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