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Sport - Athlétisme / Meeting De Bruxelles

Craintes et espoirs des athlètes pour la future Ligue de diamant

L’an prochain, la lucrative ligue de l’IAAF changera de format.

De gauche à droite : les athlètes américains de triple saut Christian Taylor, Willie Banks et Will Claye, lors de la conférence de presse d’avant meeting, hier à Bruxelles. Thierry Roge/Belga/AFP

Plusieurs athlètes, dont le champion olympique américain du triple saut Christian Taylor, s’interrogent sur le futur de leur discipline au sein de la lucrative Ligue de diamant, dont le format changera l’année prochaine en supprimant plusieurs épreuves. « Nous devons nous battre pour notre discipline. Nos performances parlent pour nous », s’est inquiété Taylor en conférence de presse, avant la finale de la Ligue de diamant à Bruxelles aujourd’hui, dernier meeting du genre.

La Ligue de diamant est en effet très importante pour les finances souvent fragiles des athlètes. Les champions en devenir y trouvent un cadre parfait pour réaliser de bonnes performances, poussés par la concurrence, afin de s’attirer les grâces d’un sponsor lorsqu’ils sont invités. Les meilleurs peuvent, eux, toucher des primes d’engagement (jusqu’à quelques dizaines de milliers d’euros pour les stars) et des primes de victoires, de records, jusqu’à la cagnotte de 50 000 dollars en cas de victoire finale.

Frustrant et injuste

Christian Taylor, double champion olympique et triple champion du monde du triple saut, a de quoi s’inquiéter : la saison prochaine, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé de modifier le format de sa ligue phare.

D’abord en apportant plus de clarté avec une finale unique à Zürich au lieu de deux, et un calendrier simple (un meeting par semaine, toujours le même jour) à la place du programme baroque actuel avec des compétitions tantôt le jeudi, vendredi, samedi ou dimanche, parfois deux par semaine, parfois un trou d’un mois... Puis en réduisant la voilure avec un meeting de moins (13 au lieu de 14) et seulement 24 épreuves (12 féminines, 12 masculines) contre 32 aujourd’hui, dont les choix seront annoncés à l’automne. « La Ligue de diamant des cinq prochaines années offrira un format plus dense pour les diffuseurs à la télévision (90 minutes au lieu de plus de 120 minutes) et permettra aux spectateurs de voir les meilleurs athlètes s’affronter pour se qualifier en finale en fin de saison », résume l’IAAF – même si les athlètes sont déjà supposés s’affronter toute l’année pour se qualifier en finale. Sur l’autel de la télégénie, l’IAAF a déjà décidé de sacrifier les 5 000 m hommes et femmes, jugés trop longs.

« C’est frustrant et injuste. Pourquoi supprimer le 5 000 m alors que le 10 000 m est déjà hors de la Ligue, s’emporte le vice-champion olympique américain Paul Chelimo. Il faut être juste. Que feront les gens qui ne sont pas bons sur 3 000 m ? C’est discriminant, je trouve. » « Je ne comprends pas cette décision, les chronos sont très rapides depuis quelques années, c’est sûrement l’une des disciplines les plus excitantes », renchérit le Suisse Julien Wanders. Le patron de la fédération kényane, Jackson Tuwei, avait d’ailleurs fustigé la décision qu’il juge « totalement injuste pour nos athlètes », spécialistes des courses de fond.

L’IAAF tente de calmer le jeu en assurant que, comme aujourd’hui, chaque organisateur sera libre de programmer des épreuves de très haut niveau, mais en dehors du créneau de diffusion TV internationale, réservées donc à la diffusion nationale et aux spectateurs en tribune.

Épreuves en ville

L’IAAF encourage aussi les organisateurs à sortir des stades en proposant des épreuves en ville (dans les gares, sur une place emblématique), ce qui se fait déjà depuis quelques années pour la perche, le triple saut ou le lancer de poids.

« Il faut amener le spectacle auprès des gens, c’est ça le futur, la nouvelle image de l’athlétisme », acquiesce le champion olympique américain du lancer de poids Ryan Crouser, dont l’épreuve était programmée hier, un jour avant le programme principal sur la place de Brouckère à Bruxelles. « Venir nous voir lancer en ville, ça vaut le coup d’œil, poursuit Crouser. Les fans sont plus près de nous, ils se rendent mieux compte de notre vitesse par exemple. Sur une soirée de Ligue de diamant, c’est moins évident, il y a beaucoup d’épreuves en même temps, les coureurs sur la piste attirent plus l’attention que les concours. »

Robin GREMMEL/AFP

Plusieurs athlètes, dont le champion olympique américain du triple saut Christian Taylor, s’interrogent sur le futur de leur discipline au sein de la lucrative Ligue de diamant, dont le format changera l’année prochaine en supprimant plusieurs épreuves. « Nous devons nous battre pour notre discipline. Nos performances parlent pour nous », s’est inquiété Taylor en conférence de presse, avant la finale de la Ligue de diamant à Bruxelles aujourd’hui, dernier meeting du genre.La Ligue de diamant est en effet très importante pour les finances souvent fragiles des athlètes. Les champions en devenir y trouvent un cadre parfait pour réaliser de bonnes performances, poussés par la concurrence, afin de s’attirer les grâces d’un sponsor lorsqu’ils sont invités. Les meilleurs peuvent, eux, toucher des primes...
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