Les évêques maronites réunis sous la présidence du patriarche Béchara Raï. Photo ANI
Le Collège épiscopal maronite a salué la décision prise par les autorités de porter plainte devant le Conseil de sécurité de l’ONU concernant l’attaque de deux drones israéliens, dans la banlieue sud de Beyrouth, et appelé à ne pas entraîner le Liban dans une « guerre par procuration ». « Nous saluons la directive officielle des autorités libanaises de porter plainte devant le Conseil de sécurité contre les attaques israéliennes sur la banlieue sud », ont souligné les évêques dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion mensuelle, tenue hier à Dimane (Liban-Nord), sous la présidence du patriarche Béchara Raï. Les prélats ont dans ce cadre appelé à la vigilance « afin de faire échec à toute intention ou tout plan suspect visant à entraîner le Liban dans une guerre par procuration et à troubler et lézarder les réconciliations et le consensus internes ».
Les prélats ont par ailleurs considéré que « l’accueil réservé aux discours du patriarche maronite et du chef de l’État à l’ouverture de l’année du centenaire du patriarche Hoayek et de la proclamation du Grand Liban (1920) offre aux Libanais une grande occasion pour apprécier à leur juste valeur les sacrifices qui ont conduit à la création de l’État indépendant du Liban », et qu’ils sont « une invitation pressante à revoir un processus historique qui les a menés à la consécration de leur liberté, à leur indépendance et leur souveraineté ». « C’est également l’occasion d’évaluer cent ans d’histoire, dans ses points forts et ses points faibles, pour mieux préparer leur avenir », a ajouté le Collège épiscopal dans son communiqué. « Il est évident que cet effort commun offre aux Libanais l’occasion de consolider leur vivre-ensemble et de purifier leur exercice de la citoyenneté », souligne le communiqué.
Contre toutes nouvelles taxes
Par ailleurs, les dignitaires maronites ont salué la tenue au palais de Baabda de la conférence de dialogue portant sur la situation politico-économique et la déclaration, au terme de cette réunion, d’un « état d’urgence économique ». Les évêques ont dans ce cadre appelé le gouvernement à « travailler de manière sérieuse afin d’éviter toute imposition de nouvelles taxes, surtout celles que pourraient assumer les catégories sociales à revenus limités ».
Ils ont également invité l’exécutif à « mettre un terme au gaspillage financier dans les administrations et à la contrebande dans les services publics concernés ». « Nous espérons que les réformes structurelles auxquelles s’est engagé le Liban lors de la Conférence de Paris (avril 2018) seront mises en œuvre », ont-ils encore souligné.
Les évêques ont également salué « la prépondérance de l’esprit de franche explication et de réconciliation qui prévaut dans le pays, notamment dans les régions du Chouf et de Aley ». En ce qui concerne le pourvoi aux postes administratifs vacants, les évêques ont demandé que « ce processus soit conduit selon les règles, que les critères de compétence, d’expérience et de probité soient rigoureusement respectés, loin de tout ce qui ressemble à un partage de butin et à du clientélisme qui ont prouvé leur nuisance sur le plan administratif ».


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