Le président iranien, Hassan Rohani, et son homologue français, Emmanuel Macron. Photos d'archives AFP
La France et l'Iran ont poursuivi leurs discussions lundi pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien, Moscou saluant l'engagement de Paris dans ce dossier explosif qui menace la stabilité au Proche-Orient.
"Dans la continuité des efforts du Président de la République ces dernières semaines et au G7 de Biarritz (24-26 août, ndlr), les discussions se poursuivent avec l'Iran pour parvenir à une désescalade des tensions", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. "Une réunion entre experts français et iraniens se tient aujourd'hui à Paris à cette fin", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.
La délégation iranienne devait être conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, acteur clé dans le dossier du nucléaire iranien.
L'accord sur le nucléaire iranien vise à empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire en échange d'une levée des sanctions internationales frappant son économie. Mais il est menacé depuis le retrait des Etats-Unis du texte en 2018 et le rétablissement de lourdes sanctions américaines, auxquelles l'Iran a répliqué en s'affranchissant progressivement de certains de ses engagements.
Le président français Emmanuel Macron a multiplié les échanges avec ses homologue américain Donald Trump et iranien Hassan Rohani ces dernières semaines pour tenter de déminer ce dossier qui a conduit à de vives tensions militaires dans le Golfe.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a salué lundi les efforts "utiles" de la France en la matière et dit regretter les "actions destructrices" des Etats-Unis. La Russie soutient "l'attitude du président français dans la mesure où celle-ci vise à remplir l'accord dans sa totalité, sans ajouts et sans exemptions", a-t-il souligné lors d'une conférence avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à Moscou.
Le ministre iranien a réitéré que Téhéran cesserait de respecter d'autres clauses de l'accord si les Européens ne l'aident pas, d'ici au 5 septembre, à compenser les sanctions américaines.
Le président français tente de convaincre les Etats-Unis d'alléger les sanctions qui paralysent les exportations de pétrole iranien ou de valider une ligne de crédit internationale afin de faciliter le commerce avec l'Iran.
Téhéran a déclaré lundi avoir des vues qui se rapprochent de celles de la France sur les moyens de sauver l'accord. "Ces dernières semaines, il y a eu de sérieuses négociations" entre MM. Rohani et Macron, et entre M. Rohani avec d'autres pays européens, a affirmé le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabiei. "Heureusement, dans de nombreux domaines, nos vues se sont rapprochées". Selon lui, le président iranien pourrait rencontrer son homologue américain si une telle entrevue sert les intérêts iraniens, mais les conditions d'une telle rencontre ne sont pas aujourd'hui réunies. "Le président (Rohani) maintient la même position selon laquelle il n'hésitera pas à rencontrer quelqu'un s'il est sûr que cela peut aider notre peuple", a assuré le porte-parole, cité par l'agence iranienne Irna. Pour l'heure, les attentes de l'Iran et celles des Etats-Unis diffèrent, a-t-il affirmé. "L'objectif du président américain est plus motivé par des raisons intérieures". "Il n'y a pas de raison que le président (Rohani) rencontre un agitateur et un terroriste économique dans les circonstances actuelles", a martelé Ali Rabiei. Téhéran accuse Washington de "terrorisme économique".
Selon un député iranien conservateur, Ali Motahari, cité par l'agence Tasnim, M. Macron a proposé une ligne de crédit de 15 milliards de dollars (13,6 milliards d'euros) à Téhéran s'il s'engageait à ne pas s'affranchir davantage de ses engagements de l'accord nucléaire.

