La collectionneuse et mécène suisse Monique Barbier-Mueller, à la tête de la plus grande collection "d'arts lointains" au monde, est décédée mardi à l'âge de 89 ans à Genève, a-t-on appris mercredi auprès du Musée Barbier-Mueller.
Née le 29 novembre 1929 et fille unique de Josef Mueller, célèbre collectionneur d'art, elle avait épousé en 1954 Jean-Paul Barbier, autre collectionneur suisse.
"Le père de Monique avait commencé à collectionner très jeune des tableaux, de Cézanne, Matisse, puis dans les années 20, il s'était intéressé aux arts lointains", a raconté à l'AFP Laurence Mattet, directrice du musée.
Son mari avait, lui, constitué dans sa jeunesse une très belle collection d'éditions originales de poésies du 16e siècle. "Lorsqu'il a vu la collection de son beau-père, ça a été la révélation. Il a décidé de continuer à compléter le fond monumental de Josef Mueller", a dit Mme Mattet.
Le père de Monique Barbier-Mueller est décédé trois mois avant l'ouverture en 1977 du musée qui porte les deux noms à Genève.
Les époux Barbier-Mueller étaient à la tête de la plus grande collection "d'arts lointains" du monde. "Jean-Paul Barbier n'aimait pas parler d'arts premiers et préférait l'expression +arts lointains+", se souvient la directrice du musée.
"Monique était elle davantage attirée par l'art contemporain. Elle a été l'amie des frères Giacometti et de l'artiste Jean Tinguely. Mais elle adorait l'Afrique, le Mali et la Côte d'Ivoire notamment." Elle n'était pas seulement collectionneuse, mais aussi mécène. Elle a ainsi fait des dons à plusieurs musées, en particulier au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Son président, Stéphane Martin, lui a rendu hommage mercredi dans un communiqué en rappelant qu'elle et son mari avaient fait "plus de 500 dons" au musée des Arts premiers de Paris.

