À gauche, Niko Kovac, coach du Bayern Munich. À droite, Lucien Favre, entraîneur du Borussia Dortmund. Ce soir, sur la pelouse de Dortmund, les deux équipes s’affronteront en Supercoupe d’Allemagne. Christof Stache et Ina Fassbender/AFP
« Kaiser Franck » (Ribéry) parti, le Bayern Munich affronte ce soir le Borussia Dortmund en Supercoupe d’Allemagne, pour écrire la première page d’une nouvelle histoire dont les Mousquetaires pourraient être le quatuor d’internationaux français Kingsley Coman, Corentin Tolisso, Benjamin Pavard et Lucas Hernandez. Si tous ne joueront pas ce soir, Coman et les trois champions du monde Tolisso, Pavard et Hernandez incarnent l’avenir du club bavarois, fortement rajeuni, mais chahuté l’an passé par le Borussia en Bundesliga et éliminé en 8es de finale de la Ligue des champions.
« Le football français s’est distingué ces dernières années par son excellente formation technique et tactique », commente le directeur sportif du Bayern, Hasan Salihamidzic, qui a œuvré pour recruter cette saison Pavard (Stuttgart) et Hernandez (Atlético Madrid), 23 ans tous les deux. Avant eux, cinq Français avaient porté les couleurs du « Rekordmeister » : Papin, Lizarazu, Sagnol, Ismaël et bien sûr Ribéry, devenu en 12 saisons une idole de l’Allianz Arena.
Le club bavarois poursuit donc son histoire d’amour avec les Bleus, en investissant 135 millions d’euros sur le duo Pavard-Hernandez, dont 80 sur l’ex-Colchonero, désormais joueur le plus cher de l’histoire du club. Un record détenu jusqu’ici par un certain Tolisso (41 millions d’euros). « C’est à moi de faire le travail, de montrer aux dirigeants et aux supporteurs que ces 80 millions d’euros sont bien investis », avait sobrement déclaré Hernandez lors de sa présentation début juillet. Le club l’a déjà honoré en lui remettant le n° 21, celui de la légende Philippe Lahm, laissé vacant depuis la retraite du défenseur en 2017. L’ancien de l’Atlético, opéré fin mars du genou droit et qui devrait manquer le début de saison, est à terme appelé à devenir titulaire en Bavière. « Il est rapide, robuste, joue de façon agressive et gagne beaucoup de duels. D’une certaine façon il est comme Bixente Lizarazu, qui pouvait jouer aussi bien défenseur central que latéral », analyse Willy Sagnol dans le magazine Kicker.
Son compère Pavard, même s’il « n’a pas peur d’évoluer au Bayern », doit, lui, confirmer après une saison compliquée et la relégation de son ancien club en 2e division. Sa capacité à pouvoir évoluer en défense dans « n’importe quelle position », comme son coéquipier Hernandez, offre à l’entraîneur Nico Kovac un large panel de possibilités pour composer son arrière-garde. « Benjamin va apporter sa volonté de fer et sa soif de titres », assure Salihamidzic. Important pour un club qui court après la Ligue des champions depuis 2013 et dont l’hégémonie nationale ne cache pas le relatif déclin sur la scène européenne.
Au milieu, Kovac pourra compter sur Tolisso, qui fête aujourd’hui ses 25 ans et entame sa 3e saison au Bayern, mais qui a manqué quasiment toute la saison dernière en raison d’une rupture des ligaments croisés d’un genou. L’ancien Lyonnais aura fort à faire dans un milieu de terrain bien fourni et devrait être en concurrence avec l’international allemand Leon Goretzka pour une place de titulaire. Quant à Coman, il fait office d’ancien, lui qui entame à 23 ans sa 5e saison au Bayern. Considéré comme le successeur naturel de Ribéry, il a vu jusqu’ici sa carrière minée par des blessures à répétition et doit encore s’imposer au plus haut niveau européen. Resté neuf mois quasiment sans jouer en 2018 en raison de deux blessures à la cheville gauche, le Parisien est sorti du terrain mercredi soir victime d’un coup à un genou en match de préparation contre Tottenham. Mais il devait reprendre l’entraînement hier et être disponible ce soir à Dortmund.
Source : AFP

