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Liban

Stéphane Attali, une passion pour le Liban et un sens poussé de l’amitié

Disparition

Le directeur de l’ESA est décédé hier à l’âge de 48 ans des suites d’une longue maladie.

Nada MERHI | OLJ
03/07/2019

« C’était une personnalité agréable et très charismatique, passionnée, un amoureux du Liban et un grand partenaire de L’Orient-Le Jour. Il va beaucoup manquer au monde académique et à la francophonie. » C’est en ces termes que Michel Helou, directeur exécutif de L’OLJ, décrit Stéphane Attali, directeur de l’ESA Business School, décédé hier à l’âge de 48 ans des suites d’une longue maladie.

Directeur de l’ESA Business School, grande école de management dédiée à la formation des cadres et dirigeants du Liban et du Moyen-Orient depuis 2009 – avec laquelle L’OLJ a de nombreux partenariats –, Stéphane Attali était très attaché au Liban. « Il était plus libanais que les Libanais », insiste encore M. Helou. C’est ce que confirment d’ailleurs tous ceux qui l’ont connu de près. « Il était quasi libanais », souligne ainsi une ancienne étudiante de l’ESA. « C’était un homme exceptionnel qui affichait un optimisme rare, qui s’est battu jusqu’à la dernière minute, poursuit-elle. Il nous parlait de son cancer comme s’il s’agissait d’un simple rhume. Il se savait mourant, mais il continuait à faire des projets pour l’avenir. Lors de la remise des diplômes de la classe de l’Executive MBA de l’ESA qui s’est déroulée en mars à l’ESCP-Europe à Paris (site Montparnasse), Stéphane Attali, qui savait que ses jours étaient comptés, évoquait des projets d’avenir. Il croyait dans le Liban et en nous aussi, ses étudiants. Il n’a pas laissé la maladie le vaincre. Des personnes comme lui sont rares. »

Une amie du directeur de l’ESA, ayant requis l’anonymat, évoque pour sa part « un homme modeste, positif et intelligent, qui était toujours de bonne humeur ». « Il avait un sens très développé de l’amitié et était toujours prêt à aider les autres, insiste-t-elle. Durant la guerre de juillet 2006 (offensive israélienne contre le Liban), il avait refusé de quitter le Liban qu’il aimait beaucoup, bien que sa femme fût enceinte. D’ailleurs, six de ses huit enfants sont nés au Liban. Il était resté à l’ESA qui était un centre de regroupement pour les Français qui voulaient être rapatriés. C’était lui qui les accueillait et les aidait. » Et d’ajouter : « Il s’occupait beaucoup de sa famille et de ses enfants. Avec sa femme, ils formaient un couple amoureux jusqu’au bout. Elle s’est beaucoup occupée de lui durant sa maladie et l’a soutenu jusqu’à la fin. »


Professionnalisme, respect et loyauté
La disparition de Stéphane Attali a été annoncée hier sur la page Facebook de l’École supérieure des affaires. Il « a donné à notre institution ses plus belles lettres de noblesse en lui permettant, dans un contexte économique et politique parfois difficile, de rayonner académiquement sur le Liban et dans la région », souligne l’ESA dans un hommage. « Par son engagement, il a su insuffler à son équipe et à tout son environnement cette volonté profonde d’avancer et de se dépasser (…) », a ajouté l’ESA, notant que « Stéphane Attali a instauré des valeurs que tous (…) ne pouvaient qu’honorer ». « Le professionnalisme, le respect, la loyauté, l’ouverture et l’innovation faisaient partie intégrante de son quotidien, affirme l’ESA. Nous respecterons à jamais ses valeurs, nous respecterons à jamais ses enseignements, et nous veillerons à faire vivre cet héritage. »

C’est depuis 2009 que M. Attali, diplômé de l’Université Paris Dauphine et de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), dirigeait l’ESA. Né en 1971 en Nouvelle-Calédonie, territoire auquel il était très attaché, il avait commencé sa carrière professionnelle comme consultant au sein d’un cabinet de conseil parisien, avant de rejoindre la direction internationale de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) en 1999. De 2002 à 2007, il avait été détaché une première fois à Beyrouth, à l’ESA, créée par les gouvernements libanais et français et gérée par la CCI Paris-Île-de-France. Il a d’abord exercé les fonctions de responsable du développement pédagogique et a développé le pôle entreprise de l’école. Par la suite, Stéphane Attali avait rejoint ESCP Europe, grande école de management de la CCIR, en tant qu’adjoint au directeur général, chargé des affaires générales, avant de repartir à Beyrouth en janvier 2009.

M. Attali était également président du Meref – CCI France Liban, créé en avril 2008 à l’initiative de chefs d’entreprise français et libanais, avec l’appui de la mission économique de l’ambassade de France au Liban.

En octobre 2018, Stéphane Attali avait été fait par l’ambassadeur de France au Liban, Bruno Foucher, chevalier de l’ordre national français du Mérite, et décoré par le président Michel Aoun de la médaille d’or de l’ordre du Mérite de la santé libanaise.

Stéphane Attali sera enterré à Paris. Une messe pour le repos de son âme sera célébrée demain jeudi 4 juillet, à 15h, en l’église Saint-Joseph des pères jésuites, à la rue Monnot à Achrafieh. Les condoléances seront reçues aujourd’hui mercredi 3 juillet, de 14h à 18h, et demain jeudi 4 juillet, de 9h à 13h, à la salle polyvalente de l’ESA.

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Joe Hatem

Son éternel sourire nous accompagnera pendant longtemps. Ses initiatives auront été pour nous Libanais des bouffées d'oxygène salvatrices. Nous veillerons à perpétuer sa mémoire, et à ce que ce qu'il a planté porte ses fruits.

Helou Nelly

Stéphane Attali, une très belle figure toujours aimable et souriant et profondément attaché au Liban. Il s'est donné pleinement à sa mission à la tête de l'ESA et tous ceux qui l'ont connu et côtoyé garderont de lui le meilleur des souvenirs. Paix à son âme

Chaccal Marie Hélène

Si jeune et deja si « rayonnant ». Nos Condoleances a sa femme et ses enfants.

Lecteurs OLJ

Paix à son âme, merci pour ce qu’il a entrepris pour le bien de notre jeunesse et pour notre pays. Soyons lui reconnaissants.
Georges Tyan

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