Le ministre libanais de l'Environnement, Fadi Jreissati, a une nouvelle fois fait savoir vendredi que les délais administratifs accordés aux carrières de sable et de pierres illégales ont expiré.
"Dorénavant, toutes les carrières qui seront actives le feront en violation de la loi. Les délais de trois mois ont expiré. Les carrières devront fermer", a insisté le ministre, lors d'une conférence de presse. "Le ministère ne fait pas de la politique. Ce dossier est juridique et environnemental par excellence", s'est-il défendu.
Fadi Jreissati a également souligné qu'il préparait "un nouveau plan directeur scientifique et non politique" pour le secteur des carrières "pour convaincre les Libanais que nous n'allons pas échouer comme par le passé". "Nous sommes aujourd'hui devant un grand défi. Nous faisons tout notre possible pour rester à l'écart des interférences politiques", a-t-il conclu.
Le mois dernier, la ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan, avait déclaré qu'elle avait transférer tous les dossiers concernant les carrières au ministère de l'Environnement. Un mois auparavant, M. Jreissati avait affirmé que les propriétaires de carrières sauvages ne bénéficieront plus de "protection politique".
Le ministère de l’Environnement n’a pas de bras exécutif et les décisions prises à son niveau, ou par un organisme tel que le Haut-Conseil des carrières (présidé par le ministre de l’Environnement), doivent être exécutées par l’entremise du ministère de l’Intérieur. Beaucoup d’irrégularités sont passées entre les mailles du filet en raison de ces conflits, comme autant de symboles des ratages dans la protection de l’environnement, sur fond de corruption et de clientélisme. Des centaines de carrières continuent ainsi à fonctionner sans permis, même après avoir été brièvement fermées.
Un accord de coopération entre les deux ministères a été signé dans ce cadre, le mois dernier.