Le logo de la chaîne qatarie al-Jazeera. Capture d'écran Youtube
Un parquet égyptien a ordonné le maintien en détention d'un journaliste de la chaîne qatarie al-Jazeera malgré la décision d'un tribunal la semaine dernière de le remettre en liberté, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.
Mahmoud Hussein, un Egyptien qui travaillait au siège d'al-Jazeera à Doha, avait été arrêté fin décembre 2016, trois jours après son arrivée en Egypte où il s'était rendu en famille pour des vacances. Il avait été accusé d'incitation à la sédition contre l'Etat et de diffusion de fausses informations.
La semaine dernière, un tribunal égyptien avait ordonné sa libération après près de deux ans et demi de détention.
Mercredi, "le parquet de la sécurité d'Etat a ordonné le maintien en détention de Mahmoud Hussein pour 15 jours pour des investigations en cours", a dit la source sécuritaire.
Une enquête a été ouverte contre le journaliste dans une autre affaire, a indiqué sa famille sur Facebook.
Après la décision de mercredi, la chaîne qatarie a dit dans un communiqué déplorer "avec force la décision des autorités égyptiennes de renvoyer Mahmoud Hussein à la prison de Tora (à la périphérie sud du Caire) malgré la décision de justice le libérant".
"La longueur de cette détention montre à nouveau que l'Egypte est un pays sans lois, sans respect pour les journalistes, la liberté de la presse, les droits humains ou même sa propre constitution", a estimé Mostefa Souag, directeur général par intérim d'al-Jazeera dans le communiqué.
La chaîne qatarie est accusée par Le Caire de soutenir le mouvement des Frères musulmans, interdit par les autorités égyptiennes. L'accès au site d'al-Jazeera est bloqué en Egypte depuis 2017.
Depuis 2013 et l'éviction par l'armée du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et soutenu par Doha, le pouvoir accuse le mouvement islamiste de violences et le considère comme une organisation "terroriste".
En 2013, les autorités avaient arrêté et emprisonné trois journalistes d'al-Jazeera, dont un Egypto-Canadien et un Australien, soulevant une vague de protestation internationale. Les trois journalistes, accusés des mêmes chefs que Mahmoud Hussein, avaient finalement été libérés en 2015.
Alors que l'Egypte occupe la 163e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2019 établi par Reporters sans frontières, les autorités se défendent de toute atteinte à la liberté d'expression.

