Trait(s) d’union

Ziyad MAKHOUL | OLJ

Qu’est-ce qu’un journal, à l’heure où le numérique n’en finit plus de tout digérer ? Qu’est-ce qu’un journal, à l’heure où les murs n’en finissent plus de se multiplier ? Qu’est-ce qu’un journal, à l’heure où l’autre n’en finit plus de devenir cet étranger que l’on regarde immédiatement de travers, toutes griffes dehors, on ne sait jamais… Qu’est-ce qu’un journal libanais, à l’heure où nous, Libanais, n’en finissons plus de nous éloigner du Liban, physiquement ou dans la tête, de nous éloigner les uns des autres, de nous éloigner de tout ce qui, hier, nous (ré)unissait ? Qu’est-ce qu’un journal libanais, à l’heure où ce Liban, est de moins en moins un pays, de moins en moins, bien sûr, une nation, et dont l’Etat agonise chaque jour davantage ? Qu’est-ce que L’Orient-Le Jour, à l’heure où la presse dans le monde, et plus particulièrement dans cette région et dans notre pays, ne sait plus quoi faire pour survivre ? Qu’est-ce que L’Orient-Le Jour, sinon ce trait d’union ?

Ce fameux trait d’union… L’OLJ l’a inscrit au cœur de son ADN, depuis 1924, et aujourd’hui, plus que jamais, il est indispensable. Indispensable pour que les Libanais du Liban et les Libanais de la diaspora, presque trois fois plus nombreux, se souviennent les uns des autres, se souviennent de leurs racines, se souviennent de leurs plus petits dénominateurs communs. Indispensable pour qu’ils s’informent de ce qui se passe ici et là-bas, de ce que font leurs compatriotes ici et là-bas, de comment ils vivent, de comment ils travaillent, de comment ils mangent et, surtout, de comment ils évoluent – ici et là-bas. Indispensable pour que les Libanais d’ici et de là-bas apprennent à se (re)connaître, à dialoguer, à échanger, à se métisser.

C’est pour cela que L’Orient-Le Jour, phare, passeur et trait d’union depuis 95 ans, lance, en partenariat avec Saradar Bank, Beyrouth conversations. Deux fois par an, nous invitons un(e) Libanais(e) qui a pleinement réussi, là-bas, à l’étranger, dans son domaine d’expertise, à retourner au bercail, à la source, pour converser avec nous et avec les Libanais d’ici, comme au coin d’un feu, comme avec un verre d’arak ou de sirop de mûres à la main, comme avec des janerik ou des pistaches. Pour partager. Partager : voilà un verbe que l’on aime par-dessus tout à L’Orient-Le Jour. Partager virtuellement, sur tous nos supports, papier, web, application, réseaux sociaux, etc., et partager en live, en chair et en os, avec Beyrouth conversations.

Celle qui entamera ce cycle (de vie) s’appelle Léa Salamé. Sacrée meilleure intervieweuse de France en 2015, personnage et personnalité incontournables du paysage audiovisuel français, exemple édifiant de trait d’union, de métissage harmonieux et réussi entre les deux rives de la Méditerranée, et amoureuse éperdue de ses racines libanaises, elle répondra à nos questions, et, surtout, aux vôtres, le 28 juin prochain à l’ESA.

Rendez-vous pris.