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Le mythique Orient-Express sifflera-t-il deux fois ?

La SNCF, qui a récemment exposé à Paris les plus belles voitures Art déco de l’Orient-Express, fraîchement rénovées, réfléchit à une éventuelle remise du plus célèbre train de l’histoire sur les rails. Christophe Archambault/AFP

Et si l’Orient-Express roulait à nouveau ? La compagnie française des chemins de fer (SNCF), qui a exposé la semaine dernière à Paris ses plus belles voitures Art déco fraîchement rénovées, réfléchit à une éventuelle remise du célèbre train sur les rails.

Le groupe ferroviaire public a exposé sept voitures des années 1920 à la gare de l’Est, après quatre années d’une méticuleuse restauration. En réalité, seuls trois wagons-restaurants sur les sept voitures ont appartenu à l’Orient-Express qui a circulé de 1883 à 1977 entre Paris et Constantinople/Istanbul, via Vienne d’abord, puis via Venise. Ces voitures du train le plus célèbre de l’histoire – avec le Transsibérien – associent laques, dorures et marqueteries dans un douillet décor de bronze, de cuivre et de bois. On y croisait les grands de ce monde, des diplomates, de belles espionnes, des marchands... Les quatre autres voitures-salons exposées sont plus spectaculaires encore, mais celles-là n’allaient pas jusqu’aux rives du Bosphore. Le matériel de la Compagnie internationale des wagons-lits était interchangeable entre les différents trains.

« Elle n’utilisait pas de voitures-salons sur les grands express européens », explique l’historien Arthur Mettetal, responsable du patrimoine chez Orient-Express. « Celles-ci étaient réservées pour des trajets plus courts, comme sur le Train bleu (autre train mythique) vers la Côte d’Azur », précise-t-il. Mais c’est dans une de ces voitures-salons Pullman qu’a été tourné le film Le Crime de l’Orient-Express (1973), d’après le roman d’Agatha Christie. « Du coup, cette voiture est devenue le “style Orient-Express” dans l’imaginaire collectif, avec les marqueteries en bouquets de fleurs, le bar et le piano. En fait, c’est le cinéma qui a provoqué ça », relève l’historien.

Lors de cette exposition, on a pu admirer les panneaux lambrissés en loupe de bouleau de Finlande avec une marqueterie d’étain, dessinés par le décorateur René Prou pour le salon du train Étoile du Nord (Paris-Amsterdam). Ou, dans celui du train La Flèche d’or (Paris-Londres), les triptyques de naïades lascives en verre dansant sur des panneaux d’acajou de Cuba, œuvres du célèbre joaillier et verrier René Lalique.

La SNCF a racheté la marque Orient-Express à la Compagnie internationale des wagons-lits après l’arrêt des liaisons directes pour Istanbul en 1977. Mais elle n’en a pas fait grand-chose jusqu’à ce qu’elle commence à racheter, en 2011, des wagons de l’illustre train. Ses équipes viennent de retrouver des voitures d’époque tombées dans l’oubli sur une voie de garage à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, que la SNCF a fini par racheter et rapatrier en France. « Ça a pris trois ans pour les ramener », raconte Arthur Mettetal, qui a redécouvert les précieuses voitures.

Petit retour sur l’histoire : à la disparition de l’Orient-Express historique (Paris-Istanbul) en 1977, deux entrepreneurs fous de trains en rachètent des voitures pour poursuivre l’aventure. L’Américain James Sherwood fonde ainsi le Venise-Simplon-Orient-Express, qui relie encore Calais, Paris, Vérone et Venise. Le voyagiste suisse Albert Glatt met de son côté sur les rails un Nostalgie-Istanbul-Orient-Express, qui sombrera en tentant d’aller jusqu’à Tokyo par les voies du Transsibérien.

Ce dernier train était tombé dans l’oubli, jusqu’à ce qu’Arthur Mettetal ne parte à sa recherche. Il s’agissait au début « surtout de faire un inventaire des voitures de la Compagnie internationale des wagons-lits pour (sa) thèse », explique-t-il, ajoutant : « Il en reste une centaine ! » Des recherches documentaires, des discussions avec des passionnés, des échanges avec des anciens de la Compagnie des wagons-lits et une providentielle vidéo sur YouTube lui ont permis de localiser le fameux « train Glatt » dans une localité polonaise appelée Malaszewicze. « Il y a plusieurs endroits qui s’appellent comme ça en Pologne, relève l’historien. Heureusement, pour faire des repérages, Google Maps et Google 3D, c’est juste le paradis ! »

Ces recherches lui ont permis de retrouver, début 2016, un convoi de 13 voitures qui semblait correspondre sur une zone de transbordement à la frontière biélorusse, un endroit où l’écartement des voies change. « On est allés voir et on est tombés dessus. Et c’était chouette », jubile-t-il. Ces voitures étaient dans un état étonnamment bon. « Aucun tag, très peu de dégradations. Il y a eu des vols de cuivre, mais les panneaux de verre Lalique, qui sont pourtant facilement démontables, étaient intacts », relève l’historien. Trois autres voitures ayant été récupérées au même endroit, Orient-Express en a donc acquis 16, détaille Arthur Mettetal : neuf voitures-lits, quatre salons, une voiture-douche et deux fourgons.

Source : AFP

Et si l’Orient-Express roulait à nouveau ? La compagnie française des chemins de fer (SNCF), qui a exposé la semaine dernière à Paris ses plus belles voitures Art déco fraîchement rénovées, réfléchit à une éventuelle remise du célèbre train sur les rails.Le groupe ferroviaire public a exposé sept voitures des années 1920 à la gare de l’Est, après quatre années d’une méticuleuse restauration. En réalité, seuls trois wagons-restaurants sur les sept voitures ont appartenu à l’Orient-Express qui a circulé de 1883 à 1977 entre Paris et Constantinople/Istanbul, via Vienne d’abord, puis via Venise. Ces voitures du train le plus célèbre de l’histoire – avec le Transsibérien – associent laques, dorures et marqueteries dans un douillet décor de bronze, de cuivre et de bois. On y croisait les grands de...
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