Kawhi Leonard (ballon en main), auteur du succès des Toronto Raptors dans le « money time » face aux Philadelphia 76ers. D’habitude flegmatique et très réservé, Leonard a laissé exploser sa joie. Vaughn Ridley/Getty Images/AFP
Toronto et Portland ont rejoint Milwaukee et Golden State en finales de conférence des play-offs de la NBA, au terme de matches n° 7 au scénario incroyablement haletant.
Même le flegmatique et très réservé Kawhi Leonard a laissé exploser sa joie. L’ailier des Toronto Raptors a envoyé son équipe en finale de la conférence Est, inscrivant un panier qui restera dans les mémoires et qui hantera longtemps les Philadelphia 76ers. Alors que Toronto et Philadelphia étaient dos à dos (90-90) à quatre secondes de la fin du temps réglementaire, Leonard, pourtant marqué par deux joueurs et coincé en bord de touche, a réussi un shoot improbable, bien aidé par la chance. Le ballon a rebondi à quatre reprises sur l’arceau du panier de Philadelphia, avant de rentrer et de déclencher des scènes d’hystérie sur le terrain, dans les tribunes et dans tout Toronto.
Mais résumer la prestation de Leonard et la qualification des Raptors à un coup de chance serait particulièrement malvenu. L’ancien joueur de San Antonio, sacré champion NBA en 2014, a en effet porté son équipe à bout de bras et a fini la rencontre avec 41 points (16 sur 39 au tir). Avant son panier historique – le premier « buzzer beater » décisif dans un match n° 7 des play-offs –, il avait toutefois manqué un lancer franc qui aurait pu donner trois points d’avance à son équipe. « J’étais déçu d’avoir raté ce lancer franc, je voulais vraiment me racheter », a-t-il expliqué. Joël Embiid (21 points et 11 rebonds), le pivot camerounais de Philadelphia, a quitté le terrain en larmes : « Ça fait mal, surtout de perdre sur un shoot comme celui-là », a-t-il avoué. Son entraîneur, Brett Brown, a prédit qu’Embiid n’allait jamais oublier ce final incroyable. « Cela va le motiver à être encore plus fort », a-t-il estimé.
Toronto participera pour la seconde fois de son histoire à la finale de la conférence Est après 2016, où elle s’était inclinée (4-2) face aux Cleveland Cavaliers. Elle sera opposée à partir de demain aux Milwaukee Bucks, meilleure équipe de la saison régulière qui a fait forte impression en demi-finales de conférence face à Boston (4-1).
L’autre rencontre, entre les Denver Nuggets et les Portland Trail Blazers, a été décidée par un autre exploit personnel, celui de l’arrière des Trail Blazers, C.J. McCollum. Alors que son équipe était reléguée à 17 points des Nuggets durant le 2e quart-temps, elle s’est finalement imposée (100-96). McCollum a marqué 39 points, dont un panier à 13 secondes de la sirène qui a donné trois points d’avance à son équipe. Il a aussi écœuré le meneur de Denver, Jamal Murray, avec un contre qui a laissé des traces. « Mon parcours montre que rien n’est impossible, ça a été notre credo durant tout ce match(…) », a souligné McCollum, issu inconnu d’une université avant d’être drafté, en 10e position, par Portland en 2013.
Les Trail Blazers, sacrés champions NBA en 1977, n’avaient plus atteint le dernier carré des play-offs depuis 2000. Il faudra que McCollum et Damian Lillard, dans un mauvais jour lors du match (13 points, 3 sur 17 au tir), soient à leur meilleur niveau pour inquiéter leur prochain adversaire, l’ogre Golden State. Les Warriors, qui ont éliminé les Houston Rockets (4-2) sur leur terrain et sans Kevin Durant (blessé), ont disputé les quatre dernières finales et en ont remporté trois (2015, 2017, 2018). Le duel entre Golden State et Portland, qui débutera ce soir, est déjà historique : c’est la première fois que deux frères, Stephen Curry et son cadet Seth, se retrouvent face à face à ce stade de la compétition.
Source : AFP


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