Marion Berrou-Drand, alias Dollykitten (photo), est la première Française finaliste du Viva Las Vegas Pin-up Contest, le plus grand concours international du genre. Et à bas les stéréotypes sur les pin-up écervelées: la finaliste belge, Elisa Cappuyns, alias Miss Stella Starbrite, est titulaire d’un doctorat en génétique de l’université d’Anvers. Jean-Philippe Ksiazek/AFP
Elle a tout de la femme fatale. Robe moulante rétro, sourire carmin ravageur et talons aiguilles : Marion Berrou-Drand, alias Dollykitten, est la première Française finaliste d’un célèbre concours de pin-up qui se déroule en avril à Las Vegas, la « ville du péché ».
Pour cette Lyonnaise d’adoption âgée de 29 ans, qui a grandi en Bretagne, participer au Viva Las Vegas Pin-up Contest, le plus grand concours international du genre, « était un rêve ». « Être la première Française, c’est fantastique ! Quand j’ai su que j’étais finaliste, j’ai pleuré », confie Marion Berrou-Drand, suivie par ses fans sur Facebook ou Instagram sous le nom de Dollykitten. « Un alias un peu bébête, mais on m’appelait Dolly quand j’étais enfant et... j’adore les chats », dit-elle en caressant un matou blanc qui l’accompagne depuis des années.
Douze candidates, venues des États-Unis, d’Israël, d’Australie, de Belgique, de Finlande, des Pays-Bas, du Danemark et de France, ont été sélectionnées pour la finale de ce concours, l’une des attractions du Viva Festival Rockabilly qui attire chaque année quelque 20 000 personnes dans la capitale mondiale du divertissement. Et à bas les stéréotypes sur les pin-up écervelées ! Ainsi, la finaliste belge, Elisa Cappuyns, alias Miss Stella Starbrite, est titulaire d’un doctorat en génétique de l’université d’Anvers. La jeune femme âgée de 27 ans, qui habite à Louvain, travaille notamment sur l’autisme.
100 % glamour rétro
La Française Marion Berrou-Drand vit en mode « pin-up girl » depuis 2011. « J’ai eu le déclic en découvrant le profil d’une Anglaise qui s’habillait tous les jours années 1950. J’aimais tout de cette époque, j’ai adopté ce look. Ma famille pensait que c’était une lubie, c’est devenu une passion, un style de vie », raconte-t-elle. Elle quitte alors la région de Brest pour Avignon. Depuis, elle est à 100 % glamour rétro. Coiffure, maquillage, bijoux, tenues sexy « mais jamais vulgaires », assure-t-elle.
Après un BTS tourisme, elle travaille (« un boulot alimentaire » d’hôtesse d’accueil), fait ses courses, prend le métro, avec l’air de sortir d’un casting hollywoodien de la grande époque des Rita Hayworth, Jayne Mansfield ou Marilyn Monroe, dont un portrait trône dans sa chambre. « Un idéal », s’enthousiasme-t-elle. Marion-Dollykitten est aussi modèle photo rétro. « Bien sûr, il y a aussi des ricanements sur mon passage. Mais ceux qui me connaissent apprécient mon look, y compris au travail... après un temps d’adaptation, sourit-elle. Et j’assume, même si on me regarde parfois comme une bête de foire. »
Femme-objet ?
La pin-up, n’est-ce pas la quintessence de la femme-objet ? « Pas du tout, se défend Dollykitten. On peut être superféminine sans accepter le machisme. Dans ma tête, je suis une femme moderne, indépendante. D’ailleurs, la seule chose que je n’aime pas dans ces années-là, c’est la condition féminine, ajoute-t-elle. Je ne me définis pas totalement comme une pin-up, ni comme une personne “vintage”, je suis entre les deux. Et puis, je n’essaye pas d’être ultrasexy. » Ce qui n’empêche pas les regards insistants, reconnaît-elle.
Quittant son petit appartement lyonnais au décor résolument rétro, elle s’envolera pour Las Vegas le 15 avril avec, dans ses valises forcément vintage, plus d’une dizaine de robes d’époque. Elle fera face, le 20 avril, au jury qui posera à chaque candidate une question connue d’avance. L’objectif ? Séduire les jurés par son physique, sa tenue et... sa beauté intérieure. La veille, les festivaliers auront voté pour leur préférée dans des urnes mises à leur disposition. À Las Vegas, prévient Dollykitten, « je vais jouer à fond la carte de l’élégance à la française, de la vamp parisienne, façon haute couture années 1950. Pour me différencier des pin-up rockabilly ».
On assiste à un regain d’intérêt pour la figure de la pin-up, née dans les années 1940 et qui connut son âge d’or dans les Fifties du siècle dernier. Des artistes comme la diva américaine du burlesque Dita von Teese, qui a participé en janvier à Paris au Fashion Freak Show de Jean-Paul Gaultier, font de ce rétro sexy leur marque de fabrique. « Il y a énormément de passionnées de cet univers. Dans le monde entier », relève Marion Berrou-Drand. « On participe à des événements, on échange sur les réseaux sociaux. J’en rencontrerai à Las Vegas », poursuit-elle.
Lauréate ou non du concours, Marion-Dollykitten compte quitter Lyon en juin, direction la Nouvelle-Zélande. Pour tenter l’aventure et dénicher, espère-t-elle, un emploi glamour.
Myriam CHAPLAIN RIOU/AFP

