Photo d'archives AFP
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé lundi les Etats-Unis de tenter d'organiser un "coup d'Etat" pour renverser le président vénézuélien Nicolas Maduro, sans donner d'explications sur l'arrivée de militaires russes à Caracas dénoncée par Washington.
Lors d'un entretien avec son homologue américain Mike Pompeo, Sergueï Lavrov "a souligné que les tentatives de Washington d'organiser un coup d'Etat au Venezuela et les menaces adressées à son gouvernement légal constituent des violations de la charte de l'ONU et une ingérence non dissimulée dans les affaires intérieures d'un Etat souverain", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Peu auparavant, le département d'Etat américain avait rapporté que Mike Pompeo avait averti M. Lavrov, lors de cet entretien, que les Etats-Unis ne resteraient pas "les bras croisés" si la Russie continuait "d'exacerber les tensions au Venezuela".
"L'intrusion persistante de personnel militaire russe pour soutenir le régime illégitime de Nicolas Maduro au Venezuela risque de prolonger la souffrance du peuple vénézuélien", avait indiqué la même source.
Un appareil aux couleurs de la Russie stationnait dimanche sur une piste de l'aéroport international de Caracas, a constaté l'AFP.
Aucune explication officielle n'a été donnée, mais l'agence de presse publique Sputnik a précisé qu'il s'agissait d'un "Antonov An-124 et d'un avion de passagers de type Iliouchine Il-62" transportant "des équipes de fonctionnaires dans le cadre de la coopération technique et militaire" entre les deux pays.
Les deux appareils ont acheminé "99 militaires et 35 tonnes de matériel", selon Sputnik.
Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du pays le 23 janvier. Deux mois plus tard, le Venezuela reste confronté à la plus grave crise de son histoire, avec une économie au ralenti, une monnaie naufragée et des pénuries affectant tous les secteurs.
Nicolas Maduro, de son côté, met en avant le soutien de la Russie et de la Chine, les principaux créanciers du pays, qui prennent systématiquement son parti dans les instances internationales comme le Conseil de sécurité des Nations unies.

