Justin Trudeau à Ottawa, le 7 mars. Dave Chan/Getty Images/AFP
Le bureau de Justin Trudeau a démenti samedi que le Premier ministre canadien, dont l'image a souffert ces dernières semaines, ait manifesté de "l'hostilité" envers une députée de son parti qui lui reproche son attitude à son égard.
Mme Celina Caesar-Chavannes, députée libérale de la région de Toronto, a déclaré dans une interview publiée samedi par le quotidien The Globe and Mail avoir été confrontée à la colère et à "l'hostilité" du Premier ministre, après lui avoir annoncé qu'elle ne se représenterait pas lors des élections législatives d'octobre prochain.
"Il criait. Il criait que je ne l'appréciais pas et qu'il avait fait beaucoup pour moi", a affirmé Mme Caesar-Chavannes. Elle a ajouté que M. Trudeau s'était excusé mais s'était montré "hostile" à d'autres occasions.
M. Trudeau, a précisé la députée, lui avait demandé de retarder l'annonce de sa décision car la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould venait de démissionner, plongeant le gouvernement dans une crise provoquée par des soupçons d'ingérence dans un processus judiciaire.
Le Premier ministre, qui évoque souvent son féminisme et son souci des droits des autochtones, souhaitait, selon Mme Caesar-Chavannes, éviter l'image que donnerait "le départ de deux femmes de couleur".
Mme Wilson-Raybould, qui est autochtone, a affirmé lors d'un témoignage public, après sa démission, avoir subi des pressions "inappropriées" du Premier ministre et de son entourage pour qu'elle tente d'éviter un procès au géant Canadien du BTP, SNC-Lavalin.
"Le Premier ministre a un profond respect pour Celina Caesar-Chavannes. Les conversations qu'ils ont eues en février étaient franches, mais sans aucune hostilité", a déclaré samedi une porte-parole du bureau du Premier ministre.
"Il est déterminé à favoriser un environnement où les ministres, le caucus (les membres du groupe parlementaire, ndlr) et les membres du personnel se sentent à l'aise de lui faire part de leurs préoccupations ou de leurs désaccords. C'est ce qui s'est produit ici", a-t-elle ajouté.
M. Trudeau avait démenti jeudi toute pression "inappropriée" dans cette affaire qui empoisonne son gouvernement depuis un mois.
Il a répété samedi devant un auditoire de professeurs qu'il n'y avait eu aucune atteinte "à l'intégrité des institutions", mais "un désaccord sur la façon de procéder et une érosion de la confiance dans (son) bureau", qu'il prend "très au sérieux" et dont il faudra "tirer des leçons pour mieux faire dans l'avenir".

