Un policier a été tué et un membre du personnel de santé blessé dans une nouvelle attaque d'un centre de traitement d'Ebola, samedi à Butembo, quelques heures avant l'arrivée du directeur général de l'OMS dans cette ville de l'est de la RD Congo, a annoncé son maire.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, et sa délégation, venus faire le point de la situation de l'épidémie d'Ebola en RDC, sont arrivés samedi à 11H30 (9H30 GMT) à Butembo, important centre commercial d'un million d'habitants et l'un des principaux foyers de la maladie à virus Ebola.
"Le CTE (centre de traitement d'Ebola) de Butembo a subi une attaque. Des tirs ont commencé vers 6H00 (4H00 GMT) puis ont repris 30 minutes après avec la résistance de l'armée et de la police", a déclaré à l'AFP Timothée Muissa Kiesse, maire de Butembo.
"L'armée et la police ont pu attraper l'un des assaillants, un milicien maï-maï, ce qui permettra de connaître les mobiles de l'attaque du CTE", a ajouté M. Muissa Kiesse.
"Un personnel de santé a été aussi atteint (par balle). Il est pris en soin à l'hôpital. Nous espérons que son cas va s'améliorer", a-t-il indiqué. "C'est la troisième attaque visant un CTE", a indiqué M. Muissa Kiesse.
L'attaque de samedi est la deuxième contre le centre de Butembo, après celle du 27 février qui avait conduit à sa fermeture. Il avait rouvert le 4 mars.
Ces attaques s'inscrivent "dans le registre des résistances qui ne se font plus au niveau de la population, mais au niveau des groupes armés qui ciblent désormais des structures de santé avec pour objectif de tuer les malades", a expliqué le maire de Butembo, qualifiant les assaillants de "terroristes".
Une nouvelle zone de santé est touchée par l'épidémie, celle de Lubero (Nord-Kivu), où "un cas confirmé a été notifié", indique le bulletin quotidien du ministère de la Santé daté de vendredi. Selon ce document, "c'est la vingtième zone de santé ayant enregistré au moins un cas d'Ebola au cours de l'épidémie".
La dixième épidémie d'Ebola a été déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de toucher quelques jours plus tard la province voisine de l'Ituri (nord-est).
La lutte contre l'épidémie a, à plusieurs reprises, été perturbée par des attaques de groupes armés, dans cette région de la RDC, en proie à plusieurs conflits.
La semaine dernière, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d'attaques contre deux centres de traitement.
Les autorités congolaises ont rouvert les deux centres, qui seront désormais cogérés par le ministère de la Santé, l'OMS et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
Dans un communiqué publié jeudi à Genève, MSF a jugé que sept mois après la déclaration de l'épidémie, "la riposte ne parvient pas à prendre le dessus" et à "maîtriser l'épidémie". Les autorités estiment pour leur part que l'épidémie est "relativement maîtrisée".
"Depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 918, dont 853 confirmés et 65 probables. Au total, il y a eu 578 décès (513 confirmés et 65 probables) et 306 personnes guéries", selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé daté de vendredi.
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RDC: un policier tué dans l'attaque d'un centre de traitement d'Ebola
AFP / le 09 mars 2019 à 12h44

