Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d'archives AFP
Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a affirmé mardi à la chaîne LBCI que la décision du gouvernement britannique de considérer le Hezbollah dans son intégralité comme une organisation "terroriste", et non plus seulement son aile militaire, n'affecterait pas le secteur bancaire libanais.
"Cela n'a pas de lien avec le secteur bancaire et n'affectera pas la situation de celui-ci", a affirmé M. Salamé à la chaîne libanaise, lors de l'ouverture du congrès des bourses mondiales qui se tient à Beyrouth à l'hôtel Phoenicia.
Le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid, a annoncé lundi dans un communiqué qu'étant donné les agissements déstabilisateurs selon Londres du Hezbollah au Proche-Orient, le Royaume-Uni ne pouvait "plus faire de distinction entre leur aile militaire, déjà interdite, et le parti politique". "Pour cette raison, nous avons pris la décision d'interdire le groupe dans sa totalité", avait-il ajouté.
Le Hezbollah est considéré comme une organisation terroriste par Israël et les Etats-Unis, mais seule sa branche armée est classifiée comme telle par l'Union européenne. Le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan a exhorté l'UE à emboiter le pas au gouvernement britannique.
En réaction à la décision des autorités britanniques, le président français Emmanuel Macron a affirmé lundi que la France faisait le "distinguo" entre la branche militaire du Hezbollah qu'il qualifie de "terroriste" et le mouvement politique avec lequel Paris peut "échanger".
Quant aux Etats-Unis, le président Donald Trump avait signé fin octobre un texte renforçant les sanctions contre le Hezbollah. Il s'agit de la loi "Hezbollah International Financing Prevention Amendments Act (HIFPAA) of 2018", qui impose notamment des sanctions à toute personne, entité ou États étranger aidant directement ou indirectement le parti pro-iranien. Elle avait été adoptée par le Sénat le 13 octobre, grâce au soutien des élus aussi bien républicains que démocrates.


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