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Bahreïn : prison confirmée pour des membres de la famille d'un opposant


Le dissident bahreïni Sayed Ahmed Alwadaei (à gauche sur la photo), responsable du Bahrain Institute for Rights and Democracy, protestant contre l'interdiction d'accès à des soins de santé de sa belle-mère, Hajer Mansoor Hassan, à Londres, en février 2019. Photo tirée du compte twitter de M. Alwadaei

Bahreïn a confirmé lundi la condamnation à des peines de prison contre trois membres de la famille d'un dissident, verdict final dans une affaire que l'ONU a qualifiée de représailles politiques, selon un groupe d'opposant.

Le petit royaume de Bahreïn, allié clé des Etats-Unis situé dans le Golfe entre l'Arabie saoudite et l'Iran, est en proie à des troubles sporadiques depuis 2011, date à laquelle les autorités ont réprimé des manifestations chiites exigeant des réformes politiques.

La Cour de cassation de Bahreïn, la cour suprême du royaume, a confirmé lundi la condamnation à trois ans de prison contre des membres de la famille du dissident Sayed Ahmed Alwadaei, responsable du Bahrain Institute for Rights and Democracy, un groupe d'opposition basé à Londres. La belle-mère de M. Alwadaei, Hajer Mansoor Hassan, le beau-frère de l'opposant, Sayed Nizar Alwadaei, et son cousin, Mahmood Marzooq Mansoor, avaient été arrêtés en mars 2017 et condamnés en octobre de la même année pour avoir posé une "fausse bombe".

Le mois dernier, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que l'instruction de l'affaire n'avait pas été conforme aux normes d'un procès équitable et avait demandé la libération immédiate de ces opposants.

Amnesty International a déclaré que M. Mansoor, qui a observé plusieurs grèves de la faim, était un "prisonnier d'opinion" et qu'il s'était vu refuser l'accès à des soins médicaux.

La Cour de cassation a également confirmé la peine de mort contre deux chiites reconnus coupables d'un attentat à la bombe en 2015 ayant tué deux policiers dans le village de Sitra, selon une source judiciaire. Les deux hommes ont été condamnés pour un "acte terroriste" commis "sur instruction de l'Iran".

Le gouvernement de Bahreïn affirme que les opposants - dont des centaines ont été emprisonnés et/ou déchus de leur nationalité depuis 2011 - sont soutenus et formés par l'Iran voisin dans le but de "renverser le pouvoir" à Manama. L'Iran nie ces accusations.

Amnesty International, Human Rights Watch et neuf autres groupes de défense des droits humains avaient adressé dimanche une lettre ouverte au gouvernement de Bahreïn, lui demandant de "libérer immédiatement et sans condition Hajer Mansoor Hasan, Sayed Nizar Alwadaei et Mahmood Marzooq Mansoor" et de "faire annuler leurs condamnations".

Bahreïn est gouverné depuis plus de 200 ans par la dynastie sunnite des Al-Khalifa. Selon des estimations non officielles, la majorité de la population du royaume est chiite. Le gouvernement conteste ces estimations. Tous les groupes d'opposition ont été interdits et dissous par des décisions de justice à Bahreïn. En juin 2018, le royaume a interdit aux membres des groupes politiques dissous de se présenter aux élections législatives de novembre.


Bahreïn a confirmé lundi la condamnation à des peines de prison contre trois membres de la famille d'un dissident, verdict final dans une affaire que l'ONU a qualifiée de représailles politiques, selon un groupe d'opposant.

Le petit royaume de Bahreïn, allié clé des Etats-Unis situé dans le Golfe entre l'Arabie saoudite et l'Iran, est en proie à des troubles sporadiques...