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Pékin proteste après les critiques d'Ankara sur le sort des Ouïghours, dément la mort d'un poète

 La Chine a annoncé lundi avoir protesté officiellement auprès de la Turquie après de virulentes critiques d'Ankara dénonçant le traitement réservé à la minorité musulmane turcophone des Ouïghours, dont plusieurs centaines de milliers seraient détenus.

Pékin a par ailleurs démenti la mort en détention d'un chanteur et poète ouïghour dont avait fait état samedi la diplomatie turque.

"Nous avons déjà transmis à la Turquie nos protestations officielles", a déclaré Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Nous espérons que les personnes concernées côté turc pourront faire la distinction entre le vrai et le faux, et corriger leurs erreurs", a-t-elle indiqué lors d'un point presse régulier.

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), une région frontalière notamment avec du Kazakhstan et de l'Afghanistan.

Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, elle fait l'objet depuis ces dernières années d'une très haute surveillance policière.

Jusqu'à un million de musulmans, dont une grande majorité de Ouïghours, seraient détenus dans des centres de rééducation politique, selon des experts cités par l'ONU et des organisations de défense des droits de l'homme. Ces accusations sont démenties par Pékin qui parle de "centres de formation professionnelle" contre la "radicalisation" islamiste.

La Turquie, qui compte une importante communauté ouïghoure, avait qualifié samedi de "honte pour l'humanité" la "politique d'assimilation systématique" visant les Ouïghours, appelant la communauté internationale et le secrétaire général de l'ONU "à mettre un terme à la tragédie humaine qui se déroule au Xinjiang".

Jusqu'à présent, les principaux pays à majorité musulmane ne s'étaient pas exprimés sur ce sujet, soucieux de maintenir leurs relations avec Pékin, un important partenaire commercial.

Ankara avait également affirmé qu'Abdurehim Heyit, un poète et musicien réputé au sein de la communauté ouïghoure, était décédé alors qu'il effectuait "huit ans de prison pour une de ses chansons".

Mais la radio publique Radio Chine Internationale (RCI) a publié dimanche soir sur Twitter une vidéo de 26 secondes présentant un homme s'identifiant comme étant l'artiste en question.

"J'ai vu la vidéo sur internet hier. Elle montre qu'il n'est pas seulement en vie, mais aussi en excellente santé", a déclaré Hua Chunying, dénonçant les "accusations arbitraires" d'Ankara.

L'AFP n'était pas capable dans l'immédiat de vérifier l'authenticité et la date d'enregistrement de la vidéo.

"La Turquie est un pays multiethnique, qui fait également face à la menace du terrorisme", a indiqué Mme Hua, en référence aux attentats ces dernières années sur le territoire turc de militants kurdes ou de l'organisation Etat islamique. "Elle devrait pouvoir, plus que tout autre pays, comprendre et soutenir les efforts des gouvernements étrangers pour combattre le terrorisme et préserver leur sécurité et leur stabilité", a-t-elle martelé.


 La Chine a annoncé lundi avoir protesté officiellement auprès de la Turquie après de virulentes critiques d'Ankara dénonçant le traitement réservé à la minorité musulmane turcophone des Ouïghours, dont plusieurs centaines de milliers seraient détenus.
Pékin a par ailleurs démenti la mort en détention d'un chanteur et poète ouïghour dont avait fait état samedi la...