La députée Sethrida Geagea, épouse du chef des Forces libanaises Samir Geagea, a annoncé vouloir porter plainte contre le député Jamil Sayyed, ancien directeur de la Sûreté générale, sur fond de polémique autour de l'assassinat en 2002 de Ramzi Irani, un cadre des Forces libanaises.
Ramzi Irani, ingénieur chez Total, avait été enlevé à Beyrouth en mai 2002, et son corps avait été retrouvé quinze jours plus tard dans le coffre de sa voiture. Son meurtre, un assassinat politique par excellence, n'a jamais été officiellement élucidé et l'enquête n'a pas donné de suites.
"Je regrette que Jamil Sayyed soit dénué de toute morale", a dit Sethrida Geagea. Elle affirme que l'ancien directeur de la Sûreté générale et figure libanaise proche du régime syrien du président Bachar el-Assad a répondu "avec insolence à la question d'un journaliste au sujet de l'affaire Ramzi Irani". Selon la députée de Becharré, M. Sayyed a dit au journaliste : "Demandez à Sethrida Geagea et au groupe de Yassouh el-Malak", où résidait Mme Geagea.
"Jamil Sayyed était à l'époque le directeur de la Sûreté générale, et en réalité le directeur de toute la sécurité du Liban. (...) Jamil Sayyed n'aurait-il pas pu savoir qui se cache derrière l'assassinat de Ramzi Irani et le présenter à la justice?", s'est interrogée la députée FL. "Moi, j'étais à Yassouh el-Malak sous résidence surveillée et poursuivie jour et nuit", affirme-t-elle.
La députée affirme que Jamil Sayyed "sait qui a commis le crime et cherche à déformer la réalité à travers ses mensonges auxquels nous sommes habitués".
"Je demande au parquet général de considérer mes propos comme une note d'information, sachant que l'enquête dans l'affaire Ramzi Irani est toujours ouverte (...)", a fait savoir Sethrida Geagea.
"Je compte également porter plainte contre Jamil Sayyed pour diffamation criminelle contre ma personne", a ajouté la députée.
La réponse de Jamil Sayyed n'a pas tardé. "Les membres stupides des Forces libanaises profitent de chaque occasion pour nous accuser, à la Sûreté générale, du meurtre de Ramzi Irani! Nous vous avons donc répondu en vous demandant de vous adresser à Sethrida Geagea ou au groupe de Yassouh el-Malak, car ils connaissent sûrement tous les détails", a-t-il lancé. "Cette réponse l'a fait sortir de ses gonds, et elle s'est lancée dans une plaidoirie de défense pleine d'insultes immorales. Nous lui disons simplement : Dieu a dit qu'il faut rester discret. N'accusez pas les autres, sinon vous serez accusés", a-t-il conclu.


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