Le chef du PSP a tenu hier une réunion exceptionnelle à son domicile à Clémenceau avec les membres de son groupe parlementaire. Photo ANI
Une fois de plus, la chaîne de télévision al-Jadeed a été la cible d’un acte d’agression en réaction à un programme de divertissement parodiant le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt.
Dans les faits, une grenade a été lancée à l’aube de dimanche contre la façade du bâtiment abritant la chaîne par des inconnus qui ont pris la fuite. Le projectile, qui n’a pas fait de victimes, a occasionné des dégâts matériels.
Cette attaque, qui n’est pas la première du genre contre cette chaîne de télévision au ton souvent provocateur, serait l’œuvre de sympathisants du leader druze vraisemblablement offusqués par la diffusion, au soir du 31 janvier, d’une comédie qui se moque du courage et de l’intrépidité prêtées par ses partisans à M. Joumblatt, représenté par un personnage appelé « Aboul Qaaqaa ».
Largement diffusée sur les réseaux sociaux, l’émission a été considérée comme une insulte à la communauté druze proche du leader du PSP, dont certains éléments auraient réagi en s’attaquant au siège de la télévision.
Dans une déclaration à la presse, M. Joumblatt, qui s’est dépêché de condamner l’agression, a toutefois estimé que la comédie ainsi que le personnage d’ « Aboul Qaaqaa, qui arbore ma photo (sur sa poitrine ) est une forme camouflée de s’en prendre à moi. Un tel sketch est une provocation qui porte atteinte à la paix civile », a-t-il souligné. Il a laissé entendre que les cheikhs druzes en ont été particulièrement offusqués, ajoutant que le fait de « porter atteinte aux symboles de cette manière n’est pas toujours toléré dans certains milieux ».
Le leader druze a annoncé qu’il allait engager des poursuites contre al-Jadeed « pour le tort qui m’a été fait, même indirectement », a-t-il dit. Il a indiqué qu’il comptait par la même occasion réclamer la réactivation du Conseil supérieur de l’audiovisuel.
M. Joumblatt a affirmé que lorsque « les circonstances s’y prêteront », il remettra à la justice l’auteur de l’agression contre la chaîne, qu’il n’a pas nommé. Il a en outre établi un lien entre cette affaire et l’incident qui avait provoqué la mort d’un partisan du PSP, Ala’ Abou Faraj, à la suite d’une série de provocations et d’accrochages sur fond des législatives, en mai 2016. Le responsable présumé du meurtre, Amine Souki, avait été exfiltré en Syrie, pour échapper aux poursuites.
« Nous sommes pour l’application de la loi. Mais qu’on remette donc à la justice Amine Souki, sachant que nous ne savons toujours pas pour l’heure comment est décédé Mohammad Bou Diab », a poursuivi M. Joumblatt, en allusion à un autre incident qui s’était produit à Jahiliyé en décembre dernier faisant un mort, le garde du corps de l’ancien ministre Wi’am Wahhab. L’enquête sur cette affaire n’a toujours pas abouti.
Dans un communiqué, le PSP a condamné l’agression contre la chaîne al-Jadeed, soulignant « la nécessité de respecter l’opinion publique et de ne pas s’en prendre aux médias en recourant à de telles méthodes, que nous désavouons de manière catégorique ». Le PSP a toutefois appelé la chaîne de télévision à faire preuve de « compréhension à l’égard des particularités libanaises et à ménager les sensibilités en s’abstenant d’évoquer des sujets qui provoquent certaines franges de la population, dans un contexte de tension politique extrême ».
L’agression qui a visé al-Jadeed a suscité une série de réprobations de la part de plusieurs responsables politiques relevant de divers camps.


C'EST FORMIDABLE COMME DÉCLARATION ! C'EST JOUMBLATT, LUI MÊME, QUI DÉCIDE QUAND EST CE QU'IL REMETTRA À LA JUSTICE L'AUTEUR DE L'AGRESSION ! C'EST UN PEU MIEUX QUE HASSAN NASRALLAH. LES BANDITOS DE NASRALLAH SONT INTOUCHABLES.
14 h 37, le 04 février 2019