Le mur frontalier en béton à la frontière entre Israël et le Liban. Photo fournie par les médias de guerre du Hezbollah
Le média de guerre du Hezbollah a affirmé jeudi, photos à l'appui, que l'armée israélienne poursuivait jeudi travaux de construction du mur frontalier avec le Liban face à la localité de Adayssé, au Liban-Sud. Selon cet organe, les soldats israéliens poursuivent l'installation de hautes plaques de béton constituant le mur de séparation entre les deux pays, passant notamment sur des points controversés de la frontière. D'après la même source, 27 plaques de béton ont été installées mercredi et le total s'élève à 286.
EL'objectif à terme pour l’État hébreu est de couvrir les 130 kilomètres de frontière séparant les deux pays et d'empêcher toute incursion terrestre du Hezbollah sur son territoire. Mais selon les autorités libanaises, les blocs de béton placés par l'armée israélienne passent sur certains points se trouvant du côté libanais de la frontière, ce qui a amené Beyrouth à déposer une plainte contre Tel-Aviv devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Mercredi matin, l'armée israélienne avait en outre mené une brève incursion au Liban-Sud, une patrouille de quinze soldats ayant franchi franchissant la barrière technique entre les deux pays au niveau du fleuve Ouazzani, dans le caza de Marjeyoun.
Lors d'une interview de plus de trois heures diffusée samedi à la chaîne al-Mayadine, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait reconnu la présence de tunnels à la frontière entre le Liban et Israël, refusant toutefois de dire s'ils avaient été creusés par le parti chiite, et ironisant sur le temps qu'a mis l'armée israélienne à découvrir ces coursives souterraines. Les six tunnels qui avaient été découverts par Israël avaient été détruits par l'armée israélienne, au cours de son opération "Bouclier du Nord", lancée début décembre. Hassan Nasrallah a toutefois affirmé samedi que la destruction de ces coursives souterraines n'entraveraient aucune opération éventuelle du parti chiite en Galilée.
La dernière grande confrontation en date entre le Hezbollah et Israël remonte à 2006 quand 33 jours de guerre déclenchés en juillet avaient fait 1.200 morts côté libanais, et 160 côté israélien, sans neutraliser le mouvement chiite, visé après l'enlèvement de deux soldats israéliens.
Ces dernières années, l'hostilité persistante entre Israël et le Hezbollah s'est manifestée en Syrie, où le parti chiite, comme l'Iran, autre ennemi juré de l’État hébreu, est l'allié du régime de Bachar el-Assad. Israël a frappé à de multiples reprises des convois d'armes destinés au Hezbollah ainsi que des intérêts iraniens dans ce pays en guerre.

