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Colombie: marche contre le terrorisme suite à l'attentat de Bogota

AFP
20/01/2019

Des milliers de personnes, la plupart vêtus de blanc, ont marché en Colombie dimanche contre le terrorisme et en hommage aux victimes de l'attentat attribué à la guérilla de l'ELN, qui a fait 20 morts et 68 blessés jeudi à Bogota.

Sous le mot d'ordre "Unis contre le terrorisme", différents cortèges ont défilé dans plusieurs villes du pays, en rejet à cette attaque à la voiture piégée, la plus meurtrière survenue dans la capitale depuis 2003, et qui a visé l'école nationale de la police.

"Nous manifestons pour rejeter toute forme de violence, que ce soit contre les policiers ou contre les leaders communautaires", a déclaré à l'AFP Yeison Torres, un étudiant de 19, en référence aussi aux assassinats de défenseurs des droits humains, dont sept ont été tués durant la première semaine de janvier.

A Bogota, épicentre de la mobilisation, une messe était en outre organisée à la cathédrale, située sur la place de Bolivar, point d'arrivée de la marche, à laquelle ont aussi participé le président Ivan Duque, son gouvernement et certains leaders de l'opposition.

"Nous avons le coeur serré, mais nous voulons rendre hommage à nos héros, ce qui signifie rejeter la terrorisme et nous unir comme pays", a déclaré M. Duque, accompagné de son épouse Maria Juliana Ruiz.

Le chef de l'Etat, qui a fermé la porte au dialogue avec la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) suite à l'attentat qu'elle n'a pas revendiqué, a affirmé qu'"aujourd'hui la Colombie dit assez, plus d'ELN, plus de terrorisme".

Samedi, il a appelé Cuba à livrer les négociateurs de l'ELN qui se trouvent à La Havane, hôte et garante de ces pourparlers de paix entamés en 2017 avec le précédent gouvernement colombien du président Juan Manuel Santos (2010-2018).

Au lendemain de l'attentat, M. Duque a réactivé les mandats d'arrêt contre ces rebelles, enterrant ainsi les pourparlers de paix avec l'ELN, et s'est montré contrarié par la réaction du gouvernement cubain, lequel a assuré vendredi qu'il respecterait les engagements pris dans le cadre des négociations.

Mais M. Duque estime que La Havane ne peut rien garantir aux rebelles, étant donné que son propre gouvernement ne s'est jamais assis à la table des négociations, qu'il a laissées en suspens depuis son arrivée au pouvoir en août dernier.

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