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Moyen Orient et Monde

Iran : Trump danse avec les faucons

Commentaire
12/01/2019

Qui croire ? Le président américain Donald Trump, qui décide de retirer ses troupes du Nord-Est syrien et qui déclare dans la foulée que « les Iraniens peuvent faire ce qu’ils veulent en Syrie » ? Ou les faucons anti-iraniens de son administration qui ne ménagent pas leurs efforts pour rassurer les alliés de Washington au Moyen-Orient et qui assurent, à qui veut bien encore le croire, que contrer la République islamique demeure leur principal objectif dans la région ? Qui pilote, en définitive, la politique américaine au Moyen-Orient ? Les deux – ou bien aucun des deux si l’on voit les choses sous un autre angle – et c’est bien là tout le problème.

James Mattis, l’ex-chef du Pentagone, ayant quitté le navire, les faucons anti-iraniens sont aux avant-postes de la diplomatie américaine. C’est James Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale, qui s’est rendu la semaine dernière en Israël pour assurer que le retrait américain de Syrie n’affectera pas la défense de l’État hébreu et « d’autres amis » de Washington dans la région. C’est Mike Pompeo, le secrétaire d’État, qui fait actuellement une tournée dans toute la région et qui a déclaré jeudi, dans un discours au Caire, que Washington continuerait « d’œuvrer par la diplomatie pour chasser les Iraniens de Syrie ». « Quand l’Amérique se désengage, le chaos suit », a ensuite ajouté le chef de la diplomatie américaine, comme pour marteler son désaccord fondamental avec son président, qui considère au contraire que les États-Unis n’ont pas à jouer le rôle de gendarme au Moyen-Orient. Les faucons tentent de réparer les dégâts et de gagner du temps, afin de ne pas offrir une victoire, au moins symbolique, à Téhéran. Mais leurs déclarations contredisent l’annonce de leur président, même si celui-ci a un peu reculé depuis, renforçant ainsi le sentiment qu’elles ne valent pas grand-chose.

La journée d’hier a donné une nouvelle démonstration de la cacophonie qui prévaut au sein de l’administration US. La coalition internationale contre l’État islamique, dirigée par les États-Unis, a annoncé le début de son retrait de Syrie avant que, quelques heures plus tard, une source au sein du Pentagone ne précise qu’il ne s’agit que du matériel et non de troupes. Face aux critiques, et surtout du fait de la pression de ses alliés à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, Donald Trump a mis de l’eau dans son vin et a accepté de retarder le retrait de ses soldats, qui appuient les Kurdes sur le terrain et permettent à Washington de dominer un tiers de la Syrie, à la frontière syro-irakienne. Mais le président n’a pas pour autant changé de décision et a bien l’intention d’accélérer le désengagement des Américains dans la région. Les faucons peuvent, au mieux, limiter la casse.

Si l’endiguement de l’Iran au Moyen-Orient reste une priorité de cette administration, la politique pour y parvenir apparaît à la fois inconsistante et dangereuse. Inconsistante, car elle ne s’accompagne d’aucune stratégie politique validée par le président, hormis les sanctions financières, qui seraient susceptible de contraindre Téhéran à reculer dans le monde arabe. Dangereuse, car elle est menée par des faucons jusqu’au-boutistes qui font surtout le jeu des conservateurs à Téhéran et qui affaiblissent les plus modérés.

La politique de l’administration Trump n’a pour l’instant affaibli l’Iran dans aucun théâtre de la région. En Irak, Washington a dû accepter, bon an mal an, la mainmise iranienne. Au Yémen, les États-Unis poussent les pays du Golfe à trouver un terrain d’entente avec les houthis, ce qui contribuerait à valider politiquement l’influence iranienne dans le pays. En Syrie, ce sont les Israéliens et les Russes qui participent à l’endiguement des Iraniens et de leurs obligés et non les Américains. Au Liban, le Hezbollah ne semble pas plus fragilisé que cela par la pression américaine.

Les Iraniens misent sur le temps long, sur l’après-Trump. En face, Washington aura bien du mal à atteindre ses objectifs, mettre la République islamique à genoux, avec ses discours bellicistes et sa politique pleine de contradictions. D’autant que son grand dessein, la formation d’une coalition anti-iranienne, menée par un axe israélo-saoudien, se heurte pour l’instant aux autres réalités régionales.

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Gebran Eid

LES SAOUDIENS D'UN CÔTÉ ET LES RUSSES DE L'AUTRE, FONT ÉNORMÉMENT DE CHANTAGES À TRUMP. LES SAOUDIENS VEULENT FAIRE TAIRE LE TURQUE ERDOGAN ET ÉTOUFFER L'AFFAIRE DU JOURNALISTE KHASHOGGI. ET LES RUSSES VEULENT METTRE LA MAIN LIBRE SUR LA SYRIE. ET COMME TRUMP EST INTÉRESSÉ QUE PAR L'ARGENT, IL L'AVAIT DIT LUI MÊME, POUR NE PAS PERDRE SES AFFAIRES PERSONNELS AVEC LES SAOUDIENS, PLUS LES MILLIARDS DE VENTE D'ARMEMENTS, ET SES MÉLÉS AVEC LES RUSSES. IL N'A PLUS LE CHOIX. IL A OFFERT LES KURDES À ERDOGAN ET LA SYRIE AUX RUSSES. FAITES CE QUE VOUS VOULEZ. BY BY BUSINESS IS BUSINESS....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS PAS AVANT DE S,ETRE RASSASIE DE LA VIANDE DES BOUQUINS ENNEMIS...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA FARANDOLE DES FAUCONS. ON Y DANSE, ON Y DANSE JU8SQU,A Y PERDRE LES AILES TOTALEMENT !

MIROIR ET ALOUETTE

"En Syrie, ce sont les Israéliens et les Russes qui participent à l’endiguement des Iraniens et de leurs obligés et non les Américains".

Mr Samrani , comment pouvez vous prendre de telles libertés pour affirmer ce que vous avez écrit plus haut ????

Je suis abasourdi par une telle ( fausse ) affirmation , vous tenez ça d'où ?

Êtes vous informé que la Russie de Poutine a une dent haineuse contre israel pour l'abattage de leur avion et la mort des 15 militaires russes à cause de ce pays ?

Mr Samrani , croyez vous sérieusement que la Russie œuvre pour l'endiguement de l'Iran et de leurs obligés pour le compte d'israel ?
Rassurez moi svp , vous ne croyez pas un traitre mot de ce que vous avez écrit !

Si c'est le cas , pourquoi l'avoir écrit ? wishfull thinking ?

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