Le chef de l'agence spatiale russe Dmitri Rogozine a expliqué mercredi par la paralysie actuelle des institutions fédérales américaines affectant la Nasa, et non par les tensions diplomatiques, le report de sa visite aux Etats-Unis.
"Cette situation s'inscrit dans (le cadre de) la bataille entre le Congrès (américain) et le (président Donald) Trump", a déclaré le chef de Roskosmos sur la chaîne de télévision publique Rossiya 24. "La Nasa est victime de cette bataille".
Le chef de Roskosmos, un nationaliste connu pour sa rhétorique anti-occidentale, devait se rendre aux Etats-Unis en février mais la Nasa a annoncé vendredi le report sine die de cette mission, provoquant la colère de l'agence spatiale russe.
M. Rogozine a assuré que la Nasa était "en faveur du développement de la coopération avec la Russie", notamment en vue de l'éventuel établissement d'une base sur la lune.
"Nous sommes aussi intéressés par la coopération avec les Américains, mais nous aimerions qu'ils soient des partenaires prévisibles", a-t-il dit, ajoutant que le report de sa visite lui laissait "un goût amer".
Quelque 96% des membres du personnel de la Nasa sont classés dans la catégorie fonctionnaires non essentiels, selon des sénateurs démocrates, soit 16.700 personnes. Ils ont dû cesser tout travail, jusqu'à ce que le budget de l'agence soit approuvé.
L'exploration spatiale reste l'un des rares exemples de coopération qui fonctionne encore entre la Russie et les Etats-Unis. Les vaisseaux russes Soyouz sont aujourd'hui le seul moyen d'acheminer et de rapatrier les équipages de la Station spatiale internationale depuis l'arrêt des vols des navettes spatiales américaines.
Nommé en mai 2018 par le président russe Vladimir Poutine à la tête de Roskosmos, M. Rogozine est sur liste noire depuis les sanctions prises par les Etats-Unis après l'annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie.
Le projet de visite de M. Rogozine au Centre spatial Johnson à Houston avait suscité les protestations de sénateurs américains.
Cette invitation avait été faite après une visite en Russie en octobre de l'administrateur général de la Nasa Jim Bridenstine.
A l'époque, il avait déclaré que la Nasa avait obtenu une levée provisoire des sanctions américaines à l'encontre de M. Rogozine pour lui permettre de se rendre aux Etats-Unis.

