La saison 2019 du MotoGP connaîtra de grands changements, dont l’introduction d’une nouvelle série 100 % électrique, la MotoE, à l’instar de la FE (formule électrique) dans l’automobile. Photo DR
Marc Marquez favori malgré Jorge Lorenzo pour nouvel équipier chez Honda, Andrea Dovizioso toujours en quête de titre, Danilo Petrucci pilote officiel Ducati et Johann Zarco chez KTM… Que peut réserver la saison 2019 de MotoGP ?
Marquez face à des défis
Quintuple champion du monde à seulement 25 ans, Marc Marquez semble lancé – sauf blessure grave – vers les records de Valentino Rossi (7 titres) et Giacomo Agostini (8 sacres). Marquez devra tout de même modifier sa préparation cet hiver après son opération prévue à l’épaule gauche, qu’il « a dû (se) luxer environ neuf fois » cette année. Il lui faudra surtout l’an prochain s’accommoder d’un nouvel équipier, le triple champion du monde Jorge Lorenzo, qui pourrait lui faire plus d’ombre que son prédécesseur Dani Pedrosa, à en juger par son adaptation rapide lors des deux premières séances d’essais hivernaux. Lorenzo, qui a mis une saison et demie à gagner avec Ducati, y arrivera-t-il plus vite avec Honda ? Si c’est le cas, on attend beaucoup de sa rivalité avec Marquez.
Andrea Dovizioso, vice-champion du monde 2017 et 2018, peut-il enfin se hisser sur la 1re marche et devenir le second pilote, après Casey Stoner en 2007, à être sacré en MotoGP sur une Ducati ? On attend plus, aussi, de Yamaha, qui sort de deux saisons compliquées par des mauvais choix de développement. « Nous progressons et espérons être pleinement compétitifs l’an prochain, annonce le patron Lin Jarvis. Nous devons prendre les bonnes décisions dans les deux ou trois prochains mois. Nous n’avons pas droit à l’erreur cette année. » Si les derniers GP de 2018 et les premiers essais hivernaux sont une quelconque indication, on pourrait voir Maverick Vinales prendre l’ascendant sur Rossi. Vinales entend en tout cas « tout changer » en 2019, à commencer par son numéro : il passe du 25 au 12.
Qui pour créer la surprise ?
Ils sont trois candidats pressés à une première victoire en MotoGP l’an prochain : Danilo Petrucci, promu pilote officiel Ducati, Alex Rins, dont les quatre podiums en fin de saison montrent qu’il a pris la mesure d’une Suzuki en nette progression, et Johann Zarco, pour l’heure encore mal à l’aise sur sa KTM. La marque autrichienne, débarquée dans la catégorie reine en 2017, est encore loin des avant-postes, mais elle peut compter sur les moyens considérables de son sponsor titre, le géant des boissons énergétiques Red Bull. Dernier constructeur engagé, Aprilia apparaît toujours en retrait, malgré le recrutement d’Andrea Iannone.
En outre, quatre pilotes feront leurs débuts en MotoGP l’an prochain : Francesco Bagnaia (Ducati Pramac), champion du monde de Moto2, son dauphin Miguel Oliveira (KTM Tech3), Joan Mir (Suzuki) et Fabio Quartararo. Ce dernier court pour la nouvelle équipe satellite de Yamaha, SRT, qui prend le relais de Tech3, partie chez KTM après 20 ans de collaboration.
Les catégories inférieures
La Moto2 connaît son premier changement de motoriste, Triumph supplantant Honda, et l’équilibre des forces entre les équipes pourrait s’en trouver modifié. En Moto3, les visages changent, avec l’arrivée notamment de Can Öncü (Red Bull KTM Ajo), devenu à l’issue de son premier Grand Prix, à Valence à la mi-novembre, le plus jeune vainqueur de l’histoire : 15 ans et 115 jours. Romano Fenati (Team O), suspendu cette saison pour avoir actionné le levier de frein d’un adversaire pendant le GP de Saint-Marin, se voit offrir un « nouveau départ ». Les qualifications dans les catégories inférieures changent pour se rapprocher de celles en deux parties du MotoGP. Se classer parmi les 14 plus rapides des essais libres permettra d’accéder directement à la Q2, lors de laquelle se joue la pole position. Les quatre plus véloces de la Q1 y participeront également.
Place à la MotoE
Une nouvelle série 100 % électrique intégrera en 2019 le calendrier du MotoGP : la Coupe du monde MotoE. Cinq rendez-vous sont au programme de cette saison inaugurale, lors des GP d’Espagne, de France, d’Allemagne, d’Autriche et de Saint-Marin. Parmi les pilotes engagés, on retrouve Sete Gibernau, Bradley Smith ou encore Randy de Puniet et Mike Di Meglio.
Raphaëlle PELTIER/AFP


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