Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri, lors d'une séance au Parlement libanais à Beyrouth, le 18 octobre 2017. REUTERS/Mohamed Azakir
Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, s'est montré optimiste dimanche quant à la formation du futur gouvernement, mission qu'il n'est pas encore parvenu à accomplir six mois après les élections législatives, appelant les différentes parties à "se concentrer sur ce qui nous rassemble".
"Au bout du compte, nous finirons bien par trouver une solution", a lancé le Premier ministre lors d'un discours prononcé devant une marche pour l'indépendance. "La Constitution nous rassemble et peu de choses nous divisent", a-t-il ajouté, appelant les différentes parties à "se concentrer sur ce qui les rassemblent".
Le Liban ne s'est toujours pas doté de gouvernement depuis mai dernier, date des dernières élections législatives. La mise sur pied du cabinet bute sur la revendication des six députés sunnites pro-Assad, soutenus par le Hezbollah, qui réclament un portefeuille ministériel, ce que Saad Hariri, refuse, accusant le parti chiite d'utiliser cette revendication pour bloquer la naissance du gouvernement.
Du côté du Hezbollah, le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil central du parti chiite, a estimé que "le temps se resserre à cause du Premier ministre désigné, qui refuse de reconnaître les résultats des élections législatives et le droit des députés sunnites indépendants à être représentés au sein du gouvernement". Il a souligné que ce point de vue n'était pas "celui du Hezbollah mais une prise de position nationale et logique", affirmant que "ce sont les bulletins de vote qui ont donné le droit à ces députés d'être représentés".
Mercredi, le bloc parlementaire du Hezbollah avait déjà réitéré son soutien aux six députés sunnites prosyriens.
Lors d'un discours prononcé mardi, à la veille de la fête de l'Indépendance du Liban, le président de la République, Michel Aoun, avait affirmé que "le Liban en a vu d’autres", soulignant toutefois que "nous sommes en train de perdre un temps précieux et irrécupérable nous empêchant d’atteindre notre potentiel de production et de redresser notre économie". "Si vous voulez construire un État, rappelez-vous que le Liban n'a plus le luxe de prendre son temps", avait-il ajouté.

