Le procureur général d'Ethiopie a accusé lundi des membres des services de sécurité d'avoir perpétré l'attaque à la grenade contre un rassemblement où le Premier ministre venait de prononcer un discours, le 23 juin dernier. Lors de la même conférence de presse, il a annoncé une série d'arrestations pour corruption et atteintes aux droits de l'homme visant des responsables des services de renseignement et d'un conglomérat géré par l'armée.
Certains membres des services de renseignement nationaux sont impliqués dans l'attentat qui a fait deux morts et environ 80 blessés le 23 juin, peu après que le nouveau Premier ministre réformiste, Abiy Ahmed, eut quitté la tribune, a déclaré lundi à la presse le procureur général, Berhanu Tsegaye.
Dans le cadre d'autres enquêtes, le procureur général a annoncé l'arrestation de 36 responsables des services de renseignement, à l'issue de cinq mois d'enquête, pour corruption et atteintes aux droits de l'homme. En outre, a-t-il ajouté, 27 arrestations ont eu lieu au sein du conglomérat METEC (Metals and Engineering Corporation), où une enquête a permis de mettre au jour des cas de mauvaise gestion. "Pendant six ans, METEC a effectué des acquisitions à l'étranger, pour un montant de deux milliards de dollars, sans lancer d'appels d'offres", a expliqué Berhanu Tsegaye.
Berhanu Tsegaye n'a pas dit quand les arrestations avaient eu lieu mais, à en croire certains médias éthiopiens, elles ont commencé vendredi et se sont poursuivies durant le week-end.
Le nouveau Premier ministre éthiopien a lancé une série de réformes depuis son arrivée au pouvoir en avril et a notamment conclu un accord de paix avec l’Érythrée, avec laquelle les relations diplomatiques ont été rétablies. Il s'est engagé à ouvrir aux investisseurs privés des secteurs de l'économie dominés par l'Etat et à mieux contrôler l'activité des services de sécurité.
Dans le cadre d'autres enquêtes, le procureur général a annoncé...

