D'intenses discussions sont en cours au sein du gouvernement allemand pour savoir quoi faire des contrats d'armes conclus avec l'Arabie saoudite mais pas encore honorés, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert.
La chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la suspension des exportations d'armements vers le royaume wahhabite tant que les circonstances de la mort du journaliste Jamal Khashoggi n'auront pas été éclaircies. Berlin a également appelé ses partenaires européens à faire de même.
"Concernant la question de savoir comment traiter les permis déjà octroyés, ou les biens qui n'ont pas encore été livrés, il y a d'intenses discussions au sein du gouvernement à ce propos et nous devons examiner ce dossier très minutieusement", a déclaré Steffen Seibert.
L'examen, qui porte sur des questions aussi bien politiques que juridiques, s'achèvera dans les jours qui viennent. "Ce n'est pas une question de semaines ou de mois", a précisé le porte-parole d'Angela Merkel.
Au ministère de l'Economie, on indique que les responsables allemands sont en contact étroit avec d'autres pays européens sur ce dossier tout en se refusant à dire si une réponse commune pourrait être envisagée.
La France a pour l'instant refusé de s'exprimer sur une possible suspension des ventes d'armes à l'Arabie.
Entre 2008 et 2017, le royaume a été le deuxième client de l'industrie française de l'armement, avec des contrats totalisant plus de 11 milliards d'euros.
Les armes allemandes représentent quant à elles moins de 2% des achats d'armes de l'Arabie saoudite.
Dans un sondage publié mercredi par le quotidien Die Welt, 65% des Allemands se disent convaincus que leur pays devrait cesser de commercer avec l'Arabie saoudite.
Selon le ministère allemand de l'Economie, Berlin a approuvé pour 2,57 milliards d'euros d'exportations d'armes au premier semestre, soit 1 milliard de moins qu'au cours de la même période de 2017. Cette baisse est à relativiser car un seul contrat peut engendrer de fortes variations.
Les ventes d'armes allemandes à l'Union européenne, à l'OTAN et aux proches alliés de l'Allemagne ont représenté un milliard d'euros au cours du premier semestre et les ventes à d'autres pays comme l'Algérie ou l'Arabie saoudite ont atteint 1,54 milliard d'euros, précisent les données du ministère.

