Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

France: un ancien ministre en procès pour viols

L'ex-secrétaire d'Etat français à la fonction publique Georges Tron, à son arrivée à la cour de justice de Bobigny, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2018. AFP / Thomas SAMSON

Après un faux-départ l'an dernier, le procès s'est rouvert mardi pour l'ex-secrétaire d'Etat français Georges Tron, accusé de viols en réunion de deux anciennes employées de sa mairie de Draveil, dans la banlieue parisienne. Il comparaît aux côtés de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, âgée de 61 ans comme lui. Tous deux nient en bloc.

Virginie Ettel, l'une des deux plaignantes, a tourné ostensiblement le dos à l'élu quand il a pris place dans la salle d'audience, air détendu, costume sombre et chemise blanche sans cravate. "Je suis sereine", avait-elle simplement déclaré à la presse peu avant.

Georges Tron et ses avocats, Eric Dupond-Moretti et Antoine Vey, n'ont pas fait de déclaration. Ni Brigtte Gruel, arrivée en toute discrétion. Eva Loubrieu n'a pas non plus souhaité s'exprimer avant de prendre place sur le banc des parties civiles.

Le procès s'ouvre une dizaine d'années après les faits reprochés par Virginie Ettel et Eva Loubrieu, âgées aujourd'hui de 41 et 44 ans. Et plus de sept ans après le scandale qui avait coûté à Georges Tron son poste de secrétaire d'Etat à la Fonction publique en mai 2011, dans le sillage de l'arrestation à New York de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de chambre. Les plaignantes affirment avoir été incapables de s'opposer à leurs employeurs lors de scènes de triolisme, avec attouchements et pénétrations digitales.

Le procès se tient près d'un an après un premier rendez-vous manqué: en décembre 2017, l'affaire devait être jugée pendant neuf jours mais avait été renvoyée au soir du quatrième. D'incident en incident, les débats avaient pris du retard et le président de la cour avait fini par reporter le procès.

Le conseil de l'accusé, Eric Dupond-Moretti, avait révélé en pleine audience une conversation privée au cours de laquelle le magistrat avait confié à des avocats qu'il aurait préféré "que ce soit une femme qui préside".

Les débats, ponctués d'invectives, avaient commencé quelques semaines après l'onde de choc mondiale née des accusations contre Harvey Weinstein, suivie d'une vague de libération de la parole des femmes.


Procès délocalisé

Le procès repart de zéro, avec une durée sensiblement allongée afin d'entendre cinquante-cinq témoins et huit experts. Le tout doit durer jusqu'au 16 novembre.

La tenue d'un procès avait été décidée en 2014 par la cour d'appel de Paris, à contre-courant du non-lieu prononcé un an plus tôt par des juges d'instruction. La cour d'appel avait souligné que cinq autres femmes avaient décrit dans les mêmes termes que les plaignantes les pratiques sexuelles de l'édile, seul ou avec son adjointe. Elle avait également considéré que les "dénégations absolues" des deux élus "suggèrent une volonté de dissimulation de leurs moeurs qui n'est pas en faveur de leur sincérité".

Il avait été décidé que le procès se déroulerait en dehors du fief de la banlieue parisienne où Georges Tron est solidement implanté : maire de Draveil (30.000 habitants) depuis 1995, conseiller départemental LR (droite) et ancien député (1993-2010, 2011-2012).

L'élu a toujours dit qu'il était victime d'un "complot" de l'opposition locale d'extrême droite. Il vise en particulier Philippe Olivier, beau-frère de la présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen.

Après un faux-départ l'an dernier, le procès s'est rouvert mardi pour l'ex-secrétaire d'Etat français Georges Tron, accusé de viols en réunion de deux anciennes employées de sa mairie de Draveil, dans la banlieue parisienne. Il comparaît aux côtés de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, âgée de 61 ans comme lui. Tous deux nient en bloc. Virginie Ettel, l'une des deux plaignantes, a tourné ostensiblement le dos à l'élu quand il a pris place dans la salle d'audience, air détendu, costume sombre et chemise blanche sans cravate. "Je suis sereine", avait-elle simplement déclaré à la presse peu avant. Georges Tron et ses avocats, Eric Dupond-Moretti et Antoine Vey, n'ont pas fait de déclaration. Ni Brigtte Gruel, arrivée en toute discrétion. Eva Loubrieu n'a pas non plus souhaité s'exprimer avant de...