Sport

Un nouveau scandale ébranle le monde du ballon rond

Football

Vaste opération antifraude dans sept pays européens, dont la Belgique et la France.

OLJ
11/10/2018 | 00h00

Un entraîneur, des agents de joueurs et arbitres arrêtés, les sièges des plus grands clubs perquisitionnés : le football belge a été ébranlé hier par une vaste opération antifraude menée également dans six autres pays européens, dont la France. L’enquête, menée depuis un an par la justice belge, porte sur des soupçons de fraudes sur les commissions liées aux transferts ou aux salaires des joueurs, mais aussi sur des matches truqués la saison dernière en 1re division belge, a indiqué le parquet fédéral. Elle a donné lieu hier à une soixantaine de perquisitions dans sept pays européens (Belgique, France, Luxembourg, Chypre, Monténégro, Serbie et Macédoine), avec au total 220 policiers mobilisés.

En Belgique, où l’affaire était qualifiée de « séisme » par les médias, les sièges des plus grands clubs ont été perquisitionnés. Ceux notamment du FC Bruges, du Standard de Liège, d’Anderlecht et de Genk, actuel leader de la Jupiler Pro League, la 1re division belge, a indiqué une source proche de l’enquête. Dix des seize équipes du championnat sont concernées, a souligné la chaîne francophone RTBF. Parmi les nombreuses personnes interpellées figurent, d’après cette même source proche de l’enquête, le Croate Ivan Leko, entraîneur du FC Bruges, qui dispute cette saison la Ligue des champions, ainsi que Herman Van Holsbeeck, ex-manager général d’Anderlecht, le club le plus titré du pays.

Dès hier matin, le parquet fédéral avait confirmé le nom d’un autre interpellé révélé par la presse : Mogi Bayat, ancien dirigeant du Sporting de Charleroi, présenté par les médias comme l’agent de joueurs le plus puissant de Belgique. « Il a été interpellé à son domicile », a indiqué Wenke Roggen, une porte-parole du parquet fédéral, compétent en matière de crime organisé et qui chapeaute l’enquête. Mogi Bayat, belge d’origine iranienne, a longtemps été, du temps de l’ancienne direction d’Anderlecht remplacée fin 2017, l’agent « incontournable » de ce club, selon le quotidien Le Soir. Dans un entretien fin 2017 avec la RTBF, il s’était présenté de manière ironique comme « le footballeur le mieux payé de Belgique », quand on lui demandait quel pourcentage il percevait sur les transferts de joueurs.

Blanchiment et corruption

Selon le parquet fédéral, l’enquête a débuté fin 2017 à la suite d’un rapport de l’Unité des fraudes sportives de la police fédérale. Celui-ci révélait « des indications de transactions financières suspectes » dans le championnat belge, concernant les commissions sur les transferts, mais aussi les salaires versés aux joueurs et entraîneurs. Les investigations ont ensuite été étendues après « des indications d’influence possible sur les matches de la saison 2017-2018 », précise le communiqué du parquet fédéral. « L’instruction judiciaire couvre des activités menées dans le cadre d’une organisation criminelle, le blanchiment d’argent et la corruption privée », selon la même source. Au total, 184 policiers ont été mobilisés pour les 44 perquisitions effectuées dans toute la Belgique, visant les domiciles de dirigeants de clubs, d’agents, d’arbitres, celui d’un ancien avocat, un bureau comptable ou encore des journalistes, a détaillé le parquet fédéral.

Le FC Bruges et Anderlecht ont annoncé, chacun de leur côté, leur intention de « coopérer pleinement » à l’enquête menée par un juge d’instruction de Hasselt, dans la province du Limbourg, au nord-est de la Belgique.

À l’étranger, treize autres raids policiers, coordonnés avec l’aide d’Eurojust, ont ciblé « principalement » les bureaux ou domiciles de « dirigeants de personnes morales » impliquées dans les transactions suspectes. Le parquet fédéral belge n’a cité aucun nom de club. Mais selon le quotidien flamand De Standaard, l’enquête « cible principalement les agents de joueurs Mogi Bayat et Dejan Veljkovic, ainsi que les différents clubs avec lesquels ils font affaire ». Le FC Nantes et les Girondins de Bordeaux comptent parmi les clubs français avec lesquels Mogi Bayat a traité récemment, d’après les médias belges. Contacté, le club de Bordeaux a assuré n’avoir été la cible d’aucune visite de la police hier.

Source : AFP

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